05/10/2016 10:59
Cinq mois de prison avec sursis ont été requis mardi 4 octobre à Rouen à l'encontre d'un homme qui avait agressé un septuagénaire musulman en menaçant de l'égorger, au lendemain de l'attentat jihadiste fin juillet dans l'église de Saint-Étienne du Rouvray (Seine-Maritime en France).

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L'église de Saint-Étienne du Rouvray, près de Rouen, le 28 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le jugement a été mis en délibéré au 9 novembre. Le parquet a également requis des travaux d'intérêt général et un stage de citoyenneté.

Les faits se sont produits le 27 juillet à Barentin (15 km au nord de Rouen), le lendemain de l'attentat avec prise d'otages au cours duquel le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, avait été égorgé pendant une messe par deux jeunes jihadistes se réclamant de l'
État islamique.

"Sale Noir, si je descends, c'est pas pour te taper. Je vais t'égorger pour vous faire comme vous nous faites à nous, c'est pas parce que t'es en robe et avec un chapeau que tu vas faire la loi ici. Je suis Français, je suis chez moi, c'est à toi de dégager", avait crié le prévenu âgé de 33 ans, qui cherchait à sortir d'un parking, au volant de sa voiture.

Il s'adressait à un septuagénaire d'origine sénégalaise, portant une djellaba et un kufi sur la tête, qui raccompagnait ses filles à leur véhicule vers 05h00 du matin, en bas de son immeuble.

Fortement alcoolisé, énervé d'être gêné dans sa sortie, l'agresseur a reculé et embouti le véhicule des filles du septuagénaire avant de sortir de sa voiture et de rentrer dans l'immeuble pour s'en prendre au vieil homme.

Dans l'ascenseur, pendant plus d'une minute il va frapper le vieil homme et tenter de l'étrangler avant de prendre la fuite. Souffrant d'hématomes et de douleurs cervicales, la victime aura trois jours d'ITT.


À la barre le prévenu, regard noir et barbe brune bien taillée, agent de nettoyage, engagé dans l'armée pendant cinq ans, a reconnu les violences mais affirmé ne plus se souvenir des propos à caractère raciste qu'il a tenus. "Ça ne me ressemble pas", a-t-il dit.

Les cinq avocats des parties civiles, deux pour la famille, et trois pour des associations antiracistes (Licra, SOS Racisme et association de défense des Droits de l'homme - Collectif contre l'islamophobie) ont tous insisté sur la gravité des injures racistes proférées et souligné "l'amnésie sélective" du prévenu.


AFP/VNA/CVN

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