29/01/2017 10:00
Depuis une vingtaine d’années, la province de Khanh Hoà est devenue pionnière dans la mise en valeur de son patrimoine historique à des fins touristiques. La clé de la réussite : impliquer les locaux dans la protection des sites et dans la chaîne de valeur touristique.

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Chaque année, la fête de la tour Ponagar se déroule du 20e au 23e jour du 3e mois lunaire. Photo : Archive/CVN

Quand on évoque la ville de Nha Trang, dans la province centrale de Khanh Hoà, on pense immédiatement à la station balnéaire et à ses belles plages. Et pourtant, elle a bien plus à offrir. Pont important entre mer et terre, elle garde toutes ses caractéristiques sans avoir été trop affectée par les traits venus du continent, et sert d’intermédiaire entre la région du Centre et le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre). Derrière le sable et les plaisirs gastronomiques, c’est aussi un écrin d’histoire qui attire de plus en plus les touristes. En 2015,  Khanh Hoà a accueilli 4 millions de visiteurs dont 850.000 étrangers, lui permettant d’encaisser 4.900 milliards de dôngs, soit une hausse de 15% par rapport à l’année 2014. Cette année, la province vise une croissance comprise entre 15% à 20%.

Tirer parti des biens ancestraux

D’après Nguyên Van Thich, directeur adjoint du Centre de préservation des vestiges de la province de Khanh Hoà, «parmi les 16 patrimoines enregistrés au niveau national et 166 vestiges situés dans les environs de la province, il y a 8 sites archéologiques, 103 vestiges historiques et culturels et 17 sites liés à divers événements».

Pourtant, tous les sites ne sont pas mis au service du tourisme. La plupart des visiteurs qui viennent à Nha Trang se dirigent vers les tours Cham de Ponagar situées au sommet de la montagne de marbre, la baie de Nha Trang, ou encore le temple Am Chua. Et bien évidemment, il ne faut pas oublier tout l’héritage du Docteur Alexandre Yersin, avec son tombeau, son musée ou encore le parc portant son nom.

Selon les experts du tourisme, pour arriver à valoriser efficacement les patrimoines et vestiges, notamment sur le plan économique, il faut prendre en compte leur valeur architecturale, leur portée historique et signification pour les populations, leur beauté et intégration dans le paysage, mais également d’autres éléments périphériques comme l’accès par les transports, la communication, les infrastructures technologiques et les services annexes.

«Le patrimoine culturel est un bien qui ne peut être ni reconstruit, ni remplacé et qui est facilement endommagé, analyse le Docteur Trân Xuân Thanh, de l’Association des scientifiques et historiens du Vietnam. Pour qu’il puisse être au service du tourisme, les habitants doivent eux-mêmes mieux comprendre la valeur culturelle de ce patrimoine qu’ils détiennent».

Coopérer pour diversifier les produits

Depuis les années 1990, le nombre de touristes et de nuitées passées à Nha Trang reste plus élevé que la moyenne du pays. Photo : Tiên Minh/VNA/CVN

Même si la situation laisse encore à désirer, quelques exemples sortent du lot, comme le Festival maritime de Nha Trang, un «produit touristique» original construit sur le principe d’une protection active du patrimoine.

«Le festival maritime de Nha Trang est un événement moderne et une quintessence de diverse fêtes populaires de la province maritime de Khanh Hoà, affirme Trân Son Hai, vice-président du Comité populaire de la province. Les habitants organisent la fête et profitent également des retombées économiques liées aux logements, moyens de transport et la restauration».

Depuis les années 1990, le nombre de touristes et de nuitées passées à Nha Trang reste plus élevé que la moyenne du pays. Des grandes entreprises jusqu’aux petits commerces familiaux font des efforts pour faire face aux difficultés actuelles afin de mieux répondre aux besoins des visiteurs,  notamment étrangers.

Selon Trân Son Hai, créer un produit touristique est difficile, mais l’entretenir et le développer l’est encore plus.  Depuis toujours, chaque province ou ville misent sur leurs propres atouts pour élaborer une offre touristique originale et distinctive. Mais sans connexions dans la région, impossible de se faire connaître et d’attirer l’attention.

Ces dernières années, le nombre de Russes et Chinois venant à Nha Nha a connu une subite augmentation, et les voyagistes ont dû coopérer avec les provinces voisines pour élaborer de nouveaux produits. Khanh Hoà a été la première localité du pays à coopérer avec Hô Chi Minh-Ville dans la création de circuits touristiques. D’après Phan Thanh Truc, directrice adjointe du Service de la culture, des sports et du tourisme, les beaux paysages ainsi que le climat doux sont des atouts indéniables pour le tourisme à Nha Trang, permettant dès lors d’accueillir les touristes toute l’année. Les touristes vietnamiens privilégient les séjours entre mars et septembre, tandis que les étrangers passent entre septembre et février.

Un engouement qui pousse les habitants, toujours plus nombreux chaque année, à s’orienter vers des métiers liés au tourisme. Une reconversion qui ne s’improvise pas, et ils ont conscience du besoin d’enrichir leur savoir-faire en la matière et d’améliorer la qualité de leurs services.


Am Chua, un patrimoine historique et religieux

Personne ne sait vraiment depuis quand le temple Am Chua est apparu au sommet du mont Dai An. Selon la légende, c’est là que Dame Po Nagar, la fondatrice de l’ethnie Cham, serait réapparue magiquement après avoir voulu échapper à son mari, un prince chinois, et aurait changé en pierre la flotte partie à sa recherche. Chaque année, au 1er jour du 3e mois lunaire, Am Chua attire des milliers de visiteurs venus assister à la fête. Une occasion festive qui replonge la population de la région dans son histoire et son patrimoine historique et religieux. Une fierté palpable, qui se traduit par un engouement pour la protection des lieux, toutes générations confondues.
 

Huong Linh/CVN
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