09/06/2017 18:30
C'est une nouvelle étape dans la construction européenne: avec la fin de l'itinérance au sein de l'Union, le 15 juin prochain, les Européens en voyage pourront désormais appeler et surfer sur leur smartphone sans se soucier de leur facture téléphonique.
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Un homme montre son téléphone portable à la frontière belge.
Photo : AFP/VNA/CVN

Concrètement, les Européens n'auront plus à payer de frais supplémentaires pour utiliser leur smartphone une fois sortis de leur pays, une nouvelle qui tombe à pic à quelques semaines des vacances d'été.

"Certains forfaits proposaient déjà cette possibilité mais désormais on passe d'une situation où seuls les clients premium, qui payaient plus, en profitaient, à quelque chose qui sera désormais pour tout le monde. Donc merci la réglementation européenne sur ce point", se félicite auprès de l'AFP Antoine Autier, chargé de mission nouvelles technologies à l'UFC-Que Choisir.

Des limites ont cependant été intégrées par la Commission européenne avec un objectif : empêcher un consommateur d'un pays d'aller prendre un forfait dans un autre pays, moins cher, et l'utiliser chez lui. Et pour cause : le prix des forfaits peuvent être multipliés par 8 d'un pays à l'autre.

"Il est désormais possible d'utiliser les forfaits comme on le souhaite, pour peu que l'on soit bien domicilié dans son pays de résidence. Les opérateurs pourront vérifier que vous utilisez bien votre forfait davantage sur le territoire national qu'en dehors", détaille Isabelle Jégouzo, cheffe de la Représentation en France de la Commission européenne.

Dans les faits, si sur une période de quatre mois l'abonné utilise son forfait principalement à l'étranger, l'opérateur sera en droit de demander une explication et d'appliquer un tarif adapté. Au-delà des quatre mois, l'abonné devra souscrire à une offre de son réel pays de résidence.

Si elles se félicitent de cette évolution, les associations de consommateurs craignent cependant que la fin de l'itinérance ne se fasse au prix d'une qualité de service moindre à l'étranger.

Déjà, assurent-elles, certains opérateurs ne proposent que de la 3G, plutôt que de la 4G, à leurs abonnés lorsqu'ils passent les frontières, avec une vitesse de connexion à l'internet mobile qui s'en ressent nécessairement.

"Nous avons lancé sur notre site un appel à témoignages pour que les consommateurs nous disent s'ils ont relevé des choses. Aujourd'hui, la qualité du réseau est absente des obligations, nous espérons qu'il s'agira du combat suivant", explique Antoine Autier.

Hausses de tarifs ciblées ?

La Commission européenne assure que les régulateurs de chaque pays surveilleront la manière dont les opérateurs agiront et l'on compte sur la concurrence pour pousser les opérateurs à ne pas proposer moins.

Un supporteur italien lors de l'Euro de football organisé en France en juin 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

Autre crainte, une hausse des tarifs dans certains pays, en particulier touristiques, afin de compenser la perte de revenus que représentait l'itinérance.

Selon un rapport réalisé par le groupe de conseil en technologies Altran, "une hausse des tarifs des données au niveau national pourrait être la conséquence, en raison de la nécessité d'investir dans les capacités de réseau, en partie dans les pays important des données avec une forte saisonnalité".

En Espagne, l'opérateur Telefonica a refusé de confirmer une éventuelle hausse des tarifs, assurant que "la question des tarifs dépend de très nombreux facteurs".

"La fin de l'itinérance ne doit pas entraîner de hausse des prix, nous serons très attentifs à cela. Les prix ont fortement baissé ces dernières années mais ont été largement compensés par la hausse des usages, au final les opérateurs sont gagnants", assure de son côté Mme Jégouzo.

"À la fin de l'histoire, la finalité est de pouvoir prendre un forfait partout et tout le temps en Europe, sans tenir compte du pays de l'opérateur mais pour qu'il y ait un véritable marché européen, il faut qu'il y ait une consolidation à l'échelle de l'UE", conclu M. Autier.

Une réalité qui est "le rêve de l'Union européenne avec son marché unique numérique", rappelle Dexter Thillien, analyste chez BMI Research, mais qui reste pour l'heure un objectif "à très long terme et théorique".

Preuve en est : si l'itinérance n'est plus facturée, les appels depuis son pays de résidence vers les autres pays de l'UE continueront de faire l'objet d'une tarification particulière, en fonction des offres de chaque opérateur.

AFP/VNA/CVN
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