13/11/2016 09:39
Le dàn bâu ou dôc huyên câm est un monocorde et sans doute l’instrument le plus original du Vietnam. Un dossier sera élaboré en vue d’une inscription au patrimoine mondial.
>>Monocorde : le đàn bầu, un instrument de musique vietnamien

Le dàn bâu est l’instrument qui symbolise le mieux l’âme du Vietnam.
Photo : TTVH/CVN

La campagne a été annoncée par le président de l’Association des arts folkloriques du Vietnam, Tô Ngoc Thanh,  lors d’un colloque sur le dàn bâu et
son rôle dans la culture vietnamienne, organisé le 21 octobre dernier sous l’égide de l’Institut national de la musique du Vietnam.

Le colloque a porté sur l’histoire, le rôle et le développement du dàn bâu dans la culture vietnamienne ainsi que sur sa stratégie de conservation.

Parmi les instruments de musique traditionnels du Vietnam, le dàn bâu est considéré comme le plus original. Aucun Vietnamien n’est insensible à son son si pur. «Si nous devions choisir un instrument pour représenter la musique traditionnelle du Vietnam, promouvoir l’image du pays, le choix se porterait sur le +dàn bâu +de toute évidence», a affirmé Nguyên Binh Dinh, chef de l’Institut national de musique du Vietnam.

«Il représente la langue et l’âme du peuple vietnamien», a renchéri l’artiste Nguyên Tiên. 

L’histoire d’un instrument emblématique

«Bien qu’il soit difficile de préciser le moment exact où le +dàn bâu+ a été créé, la plupart des spécialistes s’accordent sur le fait qu’il est né au Vietnam et qu’il était déjà utilisé avant le XIXe siècle», a affirmé Nguyên Binh Dinh.

Il existe de nombreuses légendes associées à sa naissance. Dans le Dai Nam Thuc Luc (Annales royales du Grand Vietnam) de la dynastie des Nguyên (1902-1945), on peut lire que le dàn bâu serait apparu au XVIIIe siècle. Et  selon le compositeur Dang Hoành Loan, c’est Tôn Thât Duc, une sommité en littérature et musique, qui l’a créé.

Le monocorde est constitué d’une caisse de résonance et d’une corde unique séparée en deux parties par un chevalet mobile. Ses sons sont purs et mélodieux.

Selon la légende, le dàn bâu était joué par des groupes de musiciens malvoyants, à l’ouïe très développée. De nos jours, il est fréquemment intégré dans les musiques de chèo (théâtre populaire), de cai luong (théâtre rénové) mais aussi de la scène musicale moderne.

«Cet instrument a toujours été très proche du peuple. Il a d’abord accompagné les chanteurs de rues qui jouaient dans les marchés des villages ruraux ou des zones urbaines, a expliqué l’«Artiste du Peuple» Thanh Tâm. La forme du monocorde n’a pas évolué depuis ses origines et ressemble à une calebasse».

Un instrument unique

Le dàn bâu a joué une place importante dans la musique nationale dans les années 1990. Photo  : Archives/CVN


«Parmi les instruments traditionnels du Vietnam, le +dàn bâu+ est celui qui attire le plus l’intérêt des compositeurs et des chercheurs. Il n’y a qu’à voir le nombre d’œuvres composées spécialement pour lui ainsi que le grand nombre d’études qui lui sont consacrées», a affirmé M. Dinh.

En outre, il est souvent choisi pour figurer lors des grands programmes d’art au niveau national et international.

«De 1970 jusqu’au début des années 1990, le +dàn bâu+ a été joué dans de nombreux pays en Europe, en Afrique et en Amérique. Et il a toujours su conquérir les amis internationaux. Il est considéré comme un symbole de la culture vietnamienne», a-t-il ajouté.

Le dàn bâu a joué une place importante dans la musique nationale dans les années 1990, marquées par toute une génération d’artistes comme Nguyên Thanh Tâm, Hoàng Anh Tu, Bùi Lê Chi, Hoàng Xuân Binh et Phan Kim Thành. Huy Thuc, Xuân Khai, Duc Nhuân et Ngô Quôc Tinh sont les compositeurs les plus connus.

«Pour préserver et promouvoir cet instrument traditionnel original, le Vietnam a besoin de mesures urgentes», a souligné M. Dinh.

«Les organismes compétents doivent se coordonner pour établir un dossier en vue d’une reconnaissance de l’UNESCO en tant que patrimoine mondial», a insisté Tô Ngoc Thanh.

L’artiste Bùi Lê Chi recommande de choisir et former de jeunes talents, d’octroyer des primes et autres soutiens financiers pour encourager les artistes à s’engager plus dans la composition.

«Le +dàn bâu+ est vraiment un instrument unique qui n’a pas d’équivalent en Europe, en Chine, en Inde, en République de Corée ou au Japon. Sa barre verticale flexible permet de très subtiles variations de tons. Son timbre est poignant et poétique. Le +dàn bâu+ est aussi un instrument difficile à maîtriser», a partagé le célèbre compositeur singapourien Robert Casteels.

Thuy Hà/CVN

 
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