11/03/2017 16:12
L'Allemagne et la France ont poussé vendredi 10 mars vers le scénario d'une Europe à "plusieurs vitesses" pour surmonter l'épreuve du Brexit, se heurtant au refus des pays de l'Est, Pologne en tête.
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Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, lors du sommet de l'UE, le 10 mars à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les dirigeants nationaux ont débattu à Bruxelles de leur avenir à 27, après une première réunion jeudi 9 mars marquée par une confrontation avec la Pologne, qui a tenté en vain d'empêcher la reconduction du Polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen.

"La devise est que nous sommes unis, mais unis dans la diversité", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, évoquant l'objectif d'un texte solennel préparé par les 27 dans l'optique du sommet de Rome, prévu le 25 mars.

La délicate préparation de cette "Déclaration de Rome" a occupé pendant plusieurs heures les dirigeants, réunis sans la Première ministre britannique Theresa May, comme c'est devenu l'usage pour ces réunions sur l'avenir post-Brexit.

"Il faut que l'on soit capable d'avancer plus vite à quelques-uns", a appuyé le chef de l’État français François Hollande, car l'Europe a "montré qu'elle n'était pas capable de prendre des décisions au bon moment".

Il a cité la défense, la zone euro, l'harmonisation fiscale et sociale comme autant de sujets sur lesquels des groupes de pays doivent être "capables d'aller plus vite, plus loin, sans fermer la porte à qui que ce soit", comme c'est déjà le cas aujourd'hui dans d'autres domaines.

D'autres pays, comme la Belgique, le Luxembourg ou l'Espagne ont apporté leur soutien à cette idée.

Pas de "rideau de fer"

Ce scénario n'instaure pas "un nouveau rideau de fer entre l'Est et l'Ouest", a assuré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Ce n'est pas l'intention", a-t-il assuré à l'adresse des pays de l'Est.

Le président du Conseil européen Donald Tusk (droite) et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 9 mars, à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces derniers, notamment ceux du groupe de Visegrad - Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne - s'inquiètent d'être déclassés comme des membres de seconde zone de l'Union.

"Nous n'accepterons jamais de parler d'une Europe à plusieurs vitesses", a prévenu la Première ministre polonaise Beata Szydlo, estimant que cela "compromettrait l'intégrité" de l'UE.

Mme Szydlo s'était déjà illustrée la veille en s'opposant à la reconduction dans ses fonctions du président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, considéré comme un ennemi politique par le gouvernement nationaliste et conservateur au pouvoir à Varsovie.

Mais M. Tusk a été réélu jeudi 9 mars à une écrasante majorité, à 27 voix contre une. En représailles, Varsovie a refusé d'accepter les conclusions du sommet, qui devaient ponctuer la journée.

Ces conclusions sur des thèmes variés (immigration, économie, défense ou encore la situation dans les Balkans occidentaux), avaient donc été publiées jeudi 9 mars au nom du président du Conseil européen, avec le "soutien de 27 États membres", sans incidence sur la reconduction de Tusk jusqu'en novembre 2019.

"Chantage"

Revenant sur les tensions de la veille, Mme Szydlo a affirmé vendredi 10 mars qu'elle avait eu une escarmouche verbale avec le président français François Hollande, qu'elle a accusé de "chantage".

"Devrais-je prendre au sérieux le chantage d'un président qui a 4% de soutien dans les sondages et qui bientôt ne sera plus président ? Je ne sais pas", a-t-elle lancé devant la presse, sans préciser la teneur de propos qu'aurait tenus M. Hollande.

Selon des médias polonais, il aurait évoqué la question des fonds structurels massivement octroyés à la Pologne par l'UE. Mais ni une source européenne, ni l'entourage du président, interrogés par l'AFP, n'ont confirmé qu'il y avait eu des mots assimilables à une menace portant sur ces fonds.

François Hollande a réaffirmé que l'UE n'était pas "un jeu à somme nulle où l'on calculait ce qu'on obtenait pour examiner ce que l'on consentait à mettre en œuvre", a affirmé la source européenne.

M. Tusk, au cœur de la confrontation de jeudi 9 mars, a tenté vendredi 10 mars de concilier toutes les sensibilités concernant l'avenir de l'UE : "Notre principal objectif devrait être de renforcer notre confiance mutuelle et l'unité à 27", a-t-il dit.

Le chef de l'exécutif européen, M. Juncker, a de son côté adressé un message à Londres, qui a promis de notifier son départ de l'UE d'ici la fin du mois : "J'espère qu'un jour viendra où les Britanniques remonteront dans le bateau" européen.
 
AFP/VNA/CVN
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