07/05/2017 17:14
Aux assemblées générales des groupes de médias, les petits actionnaires demandent des comptes aux patrons sur leurs dividendes, mais ne se privent pas en tant que téléspectateurs de critiquer vivement les programmes : des exigences souvent contradictoires.
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Le président de M6, Nicolas de Tavernost, le 8 septembre 2016 à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

À l'AG de M6 au Théâtre des Sablons à Neuilly, une femme d'un certain âge prend la parole pour regretter que le "Prime Time commence trop tard pour les gens qui se lèvent tôt", à cause d'un tunnel de publicité. "On en a tellement marre d'attendre les programmes qu'on se retrouve sur Arte !", s'écrie-t-elle.

"Pas de pub, pas de dividende !", rétorque le patron de M6 Nicolas de Tavernost. "David (Larramendy, le directeur général de M6 Publicité NDLR) est obligé de mettre des pubs où il peut en mettre", explique-t-il.

Détenteurs d'une petite fraction du capital de M6 ou TF1, les actionnaires se sentent donc propriétaires de ces groupes dont ils consomment les programmes depuis leur canapé.

Et les assemblées générales des mois d'avril et de mai, au cours desquelles les groupes présentent leurs comptes et font voter des résolutions, sont aussi l'occasion, pour ce public souvent âgé, de donner un avis aux grands patrons des médias.

Très attentifs à leurs actionnaires, les dirigeants répondent point par point.

Le président du groupe TF1-LCI, Gilles Pélisson, lors d'une conférence de presse à Boulogne-Billancourt, le 25 août 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

À l'AG de TF1, au siège du groupe Bouygues, le patron du groupe de télévision Gilles Pélisson répond en détail aux remarques de l'un d'entre eux qui se plaint de l'absence du candidat Nicolas Dupont-Aignan au débat avant le premier tour de la présidentielle diffusé par la chaîne : "un débat à cinq a permis de dégager du temps suffisant pour permettre à chacun de s'exprimer pleinement".

"Est-il possible de relever le niveau culturel de certains jeux ?", s'énerve un autre actionnaire en citant "Les 12 coups de midi" présenté par Jean-Luc Reichmann.

Gilles Pélisson observe qu'avec 35% de part d'audience cette émission est "quand même un succès".

Un petit porteur souhaite que l'on demande "au présentateur Gilles Bouleau de moins remuer les bras" tandis qu'un autre s'agace d'erreurs récurrentes dans les cartes de la météo pour l'Amérique du Sud.

Nicolas de Tavernost a aussi dû répondre à des actionnaires qui réclament "du tennis" ou "des reportages positifs sur l'immigration".

Et "pourquoi programmer +Recherche d'appartement ou maison+ pendant des heures ?", soupire un petit porteur.

Un rapport affectif

Arnaud Lagardère présente les résultats de son groupe à Paris le 8 mars 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

À l'AG de Lagardère, au Carrousel du Louvre, les actionnaires entretiennent souvent un rapport très affectif avec le groupe diversifié fondé par Jean-Luc Lagardère et dirigé aujourd'hui par son fils Arnaud.

Si certains félicitent le groupe pour les best-sellers publiés par son pôle Édition, d'autres s'inquiètent du sort d'Europe 1.

Un actionnaire en parka s'adresse directement à Arnaud Lagardère : "Vous êtes très contents de vous, moi pas. Vous m'avez énormément déçu avec la vente (de la participation) d'EADS au plus mauvais moment". "J'adorais votre papa (...) mais je ne retrouve pas votre père en vous". "Je vous aime quand même", conclut-il.

Vincent Bolloré lors de l'assemblée générale de son groupe, le 25 avril 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN
"Je vous aime aussi", répond Arnaud Lagardère en promettant de passer plus de temps au cocktail organisé à l'issue de l'assemblée générale pour les actionnaires.

Même l'industriel breton Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, met son point d'honneur à répondre à leurs remarques.

À l'AG du groupe, maison mère de Canal+, StudioCanal et Dailymotion, qui s'est tenue à l'Olympia, les actionnaires ont eu droit à des séquences vidéos décoiffantes sur une sélection de musique des artistes maison d'Universal.

Aux petits soins avec leurs actionnaires, les groupes doivent quand même essuyer des critiques sur des buffets trop "chiches" ou l'absence de vin.

Afin de chouchouter son actionnariat, Vivendi a offert cette année à l'issue de son assemblée générale, deux bouteilles de vin du Domaine de La Croix, propriété du groupe Bolloré.

"Le vin est un ami qui ne vous trahit pas", a souligné Vincent Bolloré en annonçant ce cadeau.

AFP/VNA/CVN

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