05/03/2017 08:51
Le Français Alain Fiard est le nouvel entraîneur du FC Hô Chi Minh-Ville. Avec son accent caractéristique du Sud du Vietnam, il raconte que sa grand-mère paternelle était Saïgonnaise et que ce pays tient une place importante dans son cœur. Rencontre.
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L’entraîneur Alain Fiard (droite) discute avec ses assistants vietnamiens avant une séance d’entraînement du FC Hô Chi Minh-Ville.
Photo : NK/CVN

En voyant Alain Fiard pour la première fois, peu de personnes seraient capables de deviner son origine exacte. De nationalité française, il arbore une combinaison originale entre le morphotype vietnamien et indien, qui lui vaut cette pilosité fasciale marquée. «Ma grand-mère paternelle était Saïgonnaise. Quant à mon grand-père, il était Indien. D’où la barbe !», explique-t-il avec son fort accent du Nam Bô (Sud), visiblement enthousiaste.

Mais comme cela faisait quelques temps doux euphémisme  qu’Alain Fiard n’avait pas pratiqué le vietnamien, son vocabulaire est encore limité. Les souvenirs de Sài Gòn (ancien nom de Hô Chi Minh-Ville jusqu’en 1975) - et plus largement du Vietnam - que lui racontaient sa grand-mère se sont peu à peu estompés, elle qui est décédée alors qu’il n’avait pas encore fêté son 10e anniversaire.

Le vietnamien enseigné par sa grand-mère

«Je n’ai aucun souvenir du temps où ma famille vivait au Vietnam. Et pour cause ! En 1958, mes parents et mes grands-parents ont quitté Sài Gòn pour Phnom Penh, au Cambodge. C’est ici que je suis né la même année», confie-t-il. «C’est ma grand-mère paternelle qui m’a appris le vietnamien. Elle me racontait des histoires sur notre pays d’origine. En 1963, j’ai émigré en France avec ma famille. Je n’avais que cinq ans. Et puis, le décès de ma grand-mère a mis fin aux histoires sur le Vietnam…».

Alain Fiard est passionné de football depuis sa plus tendre enfance. À six ans, il se présente à un concours d’admission à l’INF Vichy (Institut national du football de Vichy), un centre de formation basé à Vichy (Auvergne), où il restera pendant près de 13 ans. Avec son gabarit de poche, il va devenir un des plus remarquables milieux récupérateurs du championnat de France, ne rechignant jamais à l’effort.

Alain Fiard compte bien se donner à fond pour faire progresser le club saïgonnais.
Photo : BM/CVN

En tant que joueur, il a évolué successivement à l’INF Vichy (1976-1979), au SC Bastia (1979-1984), à l’AJ Auxerre (1984-1987) et au Lille OSC (1987-1993). Il fut l’un des milieux défensifs les plus réguliers, du tout début des années 1980 à sa retraite en 1993, et a disputé notamment 427 matches en Division 1- actuel Championnat de France de football professionnel masculin, dénommé Ligue 1 (L1).

Sa carrière d’entraîneur a débuté en 1997 à l’AJ Auxerre comme entraîneur-adjoint des moins de 17 ans. En 2000, il a entraîné l’équipe C d’Auxerre avant de devenir le second de Guy Roux en 2001.

Une vie consacrée au football

Vivant loin de son pays d’origine, Alain Fiard a toujours nourri l’envie d’y retourner. En 2011, il a fait un voyage à Hô Chi Minh-Ville. En bon passionné de football, il a acheté un billet pour voir un match, au stade Thông Nhât, entre le FC Sài Gòn Xuân Thành (SGXT) et le FC Kiên Giang, en Division 1. Une idée a germé dans son esprit : celle d’y retourner pour travailler un jour.

Un jour, en 2015, Alain Fiard a appris que l’Olympique lyonnais cherchait quelqu’un pour travailler à Hô Chi Minh-Ville en tant qu’entraîneur. Il n’a pas hésité une seconde à déposer sa candidature.

«L’attente a été désagréable pour moi. Mais finalement, j’ai été choisi. Je suis très heureux de voir que le FC Hô Chi Minh-Ville m’a fait confiance. Il m’a invité à devenir son entraîneur principal», partage-t-il, tout sourire. Et de continuer : «Je me réjouis de mon travail ici. Les joueurs sont ouverts. Ils compensent leurs petits gabarits par leur habileté, ce qui leur permet de bien jouer. Lors de la dernière saison, le FC Hô Chi Minh-Ville appliquait le dispositif tactique en 4-4-2. Moi, je préfère celui en 4-2-3-1. Ce ne sera pas facile à instaurer tout de suite, mais je vais chercher une manière de jouer qui colle avec l’équipe, en se basant sur les points forts comme les points faibles des joueurs».

Anecdote amusante, quelques footballeurs qu’Alain Fiard a vus évoluer au stade Thông Nhât en 2011 sont aujourd’hui ses joueurs et collègues au FC Hô Chi Minh-Ville. En effet, l’ancien milieu de terrain Truong Dinh Luât du FC SGXT est l’un des piliers du club. Alors que l’ancien gardien de but Duong Kiên Phúc, du FC Kiên Giang, est le portier remplaçant N°2 du club. Le monde est petit.

Impressionné par le Têt traditionnel

Cette année pour la première fois, Alain Fiard a accueilli le Têt traditionnel au Vietnam. Il ne tarit pas d’éloges : «J’ai profité de mes temps libres pour parcourir de long en large Hô Chi Minh-Ville et savourer l’atmosphère du Têt. J’ai visité la rue florale Nguyên Huê. Je trouve qu’elle est très belle et illustre bien le Vietnam. Je ne regrette qu’une seule chose : c’est de ne pas avoir pu accueillir le Nouvel An lunaire chez des Vietnamiens pour mieux comprendre cette tradition».

Nguyên Khôi - Phuong Nga/CVN
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