31/10/2016 18:46
L'UE et le Canada ont signé dimanche 30 octobre à Bruxelles leur ambitieux traité de libre-échange (CETA) après un retard dû à de vifs désaccords entre Belges. Mais le plus difficile commence : sa ratification obligatoire par chacun des différents Parlements des pays de l'Union.
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De gauche à droite : le président du Conseil européen Donald Tusk, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le 30 octobre à Bruxelles.
Photo : AFPVNA/CVN

"On avait planifié de signer cet accord y a trois jours, on le signe aujourd'hui", a commenté le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. "Ca ne fait pas une énorme différence dans l'impact économique que ça va avoir pendant des décennies, de façon positive, sur tous nos citoyens", s'est félicité M. Trudeau, venu parapher l'accord à Bruxelles.

"Il nous faut être capables de convaincre nos citoyens que le libre échange est dans leur intérêt, et pas seulement dans celui des grosses entreprises", a plaidé à ses côtés le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, laissant le soin au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, de régler quelques comptes avec les opposants au CETA.

"J'étais quelquefois vexé qu'on ait pu penser, en Europe, que nous sacrifierions sur l'autel de cet accord les droits des travailleurs", a observé M. Juncker avec un brin d'émotion dans la voix.

"Je trouve impertinent qu'on s'imagine que les principaux représentants du monde démocratique seraient en train de menacer la démocratie", a-t-il argué à propos de cette énième crise de l'UE, déjà ébranlée par le Brexit, la crise des migrants et le terrorisme.

Le CETA, qui vise essentiellement à supprimer les droits de douane avec un pays ami, représentant 1,6% de ses importations et 2,0% de ses exportations, a fait face ces derniers jours à un emballement politique et une dramatisation des enjeux entourant sa signature.

"Quelle patience !"

Pendant plusieurs jours, les discordes entre le parlement de Wallonie, région francophone de Belgique (3,6 millions d'habitants), et le gouvernement fédéral belge, ont paralysé sa signature, entament la crédibilité de l'UE.

Le président-ministre de Wallonie, Paul Magnette, lors d'un débat au parlement sur le CETA, le 28 octobre à Namur, en Belgique.
Photo : AFP/VNA/CVN


Devenus porte-voix des opposants au CETA, les Wallons redoutaient ses conséquences sur leur agriculture, le droit du travail et les normes environnementales. Ils s'inquiétaient surtout de la possibilité laissée à une multinationale d'attaquer un État qui adopterait une politique publique contraire à ses intérêts.

Pas question de laisser un tribunal privé arbitrer ces différends, ont répété les anti-CETA wallons, exigeant des garanties.

Un "compromis à la belge" est finalement tombé jeudi 27 octobre : de minces avancées, dont l'annonce par la Belgique qu'elle demandera à la Cour de justice de l'UE (CJUE) de vérifier la conformité de ce tribunal avec le droit européen.

Mais "la substance du traité n'a aucunement changée", a insisté dimanche 30 octobre Jean-Claude Juncker.

"Quelle patience !", a-t-il ensuite lancé à l'arrivée de Justin Trudeau, peu après midi (11h00 GMT), au siège du Conseil. "Les choses difficiles sont difficiles, mais on a pu réussir", lui a répondu le Canadien, prêt depuis des jours à sauter dans l'avion.

À l'extérieur du bâtiment, quelques dizaines de manifestants scandaient des slogans hostiles au CETA et brandissaient des pancartes - "Citoyens avant multinationales" -, au son de tambours. Ils ont aussi lancé de la peinture rouge.

AFP/VNA/CVN

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