19/11/2016 15:38
Les dirigeants de la zone Asie-Pacifique se penchent le 19 novembre à Lima au chevet du Partenariat transpacifique (TPP).
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Le président américain Barack Obama arrive à Lima, pour le sommet de l'APEC, le 19 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Le président Barack Obama, fervent partisan de cet accord de libre-échange signé en 2015 par 12 pays de la région après des années de laborieuses négociations, est arrivé le soir du 18 novembre au Pérou pour participer à la réunion annuelle de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) dans un climat de morosité et d'incertitudes.

Les 21 économies de l'APEC, qui représentent 60% du commerce mondial et 40% de sa population, sont bien décidées à poursuivre leur intégration économique en levant les barrières commerciales, avec ou sans les États-Unis.

Quitte à se ranger sous la bannière de la Chine. Exclu du TPP, Pékin est prêt à prendre sa revanche en assumant seul le leadership d'une mondialisation de plus en plus contestée aux États-Unis et en Europe.

Barack Obama aura un entretien bilatéral le 19 novembre avec le président chinois Xi Xinping, dont l'intervention dans la matinée est très attendue.

Taille des économies de la région et proportion des exportations chez les 21 pays membres de l'APEC. Photo : AFP/VNA/CVN

"Les dirigeants de l'APEC vont s'accorder le 19 novembre sur une déclaration claire" en faveur du libre-échange, a souligné le 18 novembre le Premier ministre péruvien Fernando Zavala.

"Le TPP regroupe 11 autres économies (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, et Vietnam, NDLR). Tant mieux si les États-Unis en sont. Sinon, les autres membres ont l'intention d'aller de l'avant", a-t-il ajouté.

Le Japon et le Pérou se sont engagés le 18 novembre à Lima à œuvrer "pour l'approbation dans les plus brefs délais du TPP", qu'ils considèrent comme "commercialement et géopolitiquement significatif pour la stabilité et la prospérité de la région".

Des promesses aux actes

La Chine se replace au centre de l'échiquier pour relancer son projet de Zone de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP), qui rassemblerait les pays membres de l'APEC.

Le président chinois, Xi Jinping, et son épouse, Peng Liyuan, arrivent à Lima, le 18 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

Pékin porte aussi le RCEP, projet d'accord de libre-échange entre l'Asean (Association des nations du sud-est asiatique), l'Australie, la Chine et l'Inde notamment, mais sans les États-Unis.

"Le TPP n'est évidemment pas la seule option sur la table", a admis à Lima le représentant américain au Commerce, Michael Froman, avertissant du "sérieux coût géostratégique et économique" d'une éventuelle mise sur la touche de Washington.

Ce responsable démocrate a cité une récente étude qui suggère qu'un échec du TPP, dont la ratification dépend du Congrès à majorité républicaine, ferait perdre aux États-Unis 94 milliards de dollars sur une seule année.

"Les mondialistes ont détruit la classe ouvrière américaine et ont créé une classe moyenne en Asie", a lancé le 18 novembre à Washington Steve Bannon, nouveau conseiller en stratégie du président élu.

"La question maintenant concerne les Américains qui essaient de ne pas se faire niquer", a ajouté cet apôtre controversé du "nationalisme économique".

Les 21 pays membres de l'APEC se réunissent jusqu'au 20 novembre au Pérou.
Photo : AFP/VNA/CVN

Mais certains à Washington s'accrochent à l'espoir qu'une fois installé à la Maison Blanche, le milliardaire renouera avec son pragmatisme d'homme d'affaires.

Des alliés de Trump au Congrès, ainsi que son vice-président élu Mike Pence, ont exprimé leur soutien au TPP. Certains envisagent la réouverture de négociations qui permettraient au président élu de se targuer auprès de son électorat d'avoir amélioré le TPP en faveur des États-Unis.

"Je crois que les Chinois parviendront à un accord avec la nouvelle administration américaine", confie Ulises Granados, coordinateur du programme d'études Asie-Pacifique de l'université mexicaine ITAM.

"Trump est un businessman. Il y a trop d'intérêts en jeu, économiques et géopolitiques, pour empêcher le déclenchement d'une guerre commerciale et monétaire", argumente-t-il.

Le chinois Ning Gaoning, patron du groupe étatique de chimie Sinochem, et co-dirigeant d'un groupe de travail de l'Apec, abonde : "Les États-Unis ont promu le libre-échange pendant des décennies. Je ne crois pas à un recul majeur dans ce domaine".

"Il y a une différence entre les promesses électorales et les actes. Je crois qu'il veut relancer la croissance, pas détruire l'économie américaine. Vous imaginez, s'il impose des tarifs douaniers sur les produits chinois ? Que ferait la Chine ? Cela conduirait à une situation complètement folle qui déstabiliserait le monde entier", prédit-il.

AFP/VNA/CVN



 
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