07/05/2017 08:13
La 4e révolution industrielle est en marche et les acteurs sont chaque jour plus nombreux. Les secteurs les plus touchés ? Ceux liés au travail manuel, suivis de ceux à fort potentiel d’automatisation comme le textile-habillement ou le montage électronique.
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L’hôpital Binh Dân, à Hô Chi Minh-Ville, est équipé d’un robot chirurgien.
Photo : Phuong Vy/VNA/CVN

Les avantages d’une transformation numérique sont nombreux pour les entreprises quels que soient leur taille et leur secteur : amélioration des chaînes de valeur, collecte de bénéfices financiers liés à l’innovation et à l’amélioration des processus internes (de production, distribution, communication, management), augmentation de la productivité… Néanmoins, l’émergence du numérique peut être déstabilisante pour différents secteurs et notamment pour un grand nombre d’entreprises qui, n’étant pas préparées à s’adapter aux changements numériques, devraient souffrir d’un énorme décalage en termes de productivité, d’efficacité et d’innovation. Les industries traditionnelles sont de plus en plus touchées par ces bouleversements technologiques.

Les secteurs liés au travail manuel menacés

«Avec le développement et l’application rapides de l’intelligence artificielle et de la robotique intelligente, la 4e révolution industrielle pourrait menacer les secteurs liés au travail manuel et certains travaux de bureau», estime Trân Viêt Hoà, chef adjoint du Département des sciences et des technologies (ministère de l’Industrie et du Commerce). 

Pour illustrer ses propos, il cite un récent rapport de l’Université d’Oxford, la plus ancienne université britannique, qui indique que 47% des emplois pourraient être automatisés dans les années qui viennent, essentiellement des postes de travail qui ne requièrent aucune qualification professionnelle. Un autre rapport sur le travail et l’emploi mené par le Département des statistiques (ministère vietnamien du Plan et de l’Investissement) montre que plus de 90% des travailleurs vietnamiens dans les secteurs agroalimentaire et de la fabrication ont un bas niveau de qualification. «Il s’agit d’un grand défi pour les politiques de développement industriel et des ressources humaines du Vietnam dans les années à venir», souligne M. Hoà.

Abondant en ce sens, Trân Dinh Thiên, directeur de l’Institut de l’économie du Vietnam, fait savoir que les secteurs liés au travail manuel seront les plus menacés par l’industrie 4.0, à commencer par ceux où l’automatisation des tâches est possible sur de nombreux maillons de la chaîne de production. Exemple avec le secteur textile-habillement. Les machines seraient à même de remplacer beaucoup d’humains en travaillant 24 heures sur 24. «Dans les 20 années à venir, les voitures automatisées risquent de remplacer les chauffeurs et la nouvelle génération de robots et de machines va s’attaquer au secteur du montage électronique», précise M. Thiên.

«L’industrie 4.0 apportera de nombreuses opportunités aux pays en développement comme le Vietnam. Pourtant, concernant le secteur textile, 86% des emplois risquent d’être supprimés», remarque Nguyên Thanh Huyên, directrice de la Compagnie générale de confection N°10.

Adapter le secteur de l’éducation

Dans le secteur textile, 86% des postes seraient menacés par l’industrie 4.0.
Photo : Quôc Viêt/ VNA/CVN

Actuellement, parmi les conditions nécessaires et suffisantes pour accueillir et s’adapter sereinement à la révolution 4.0, le Vietnam n’a pour atout que sa volonté. Problème : le facteur essentiel est la créativité. Pour s’adapter, le pays devra restructurer son système d’éducation et de formation.

Trân Dinh Thiên explique que «la croissance exponentielle du numérique de l’industrie 4.0 a un impact sur tous les secteurs d’activité». Pour le Vietnam, former les ressources humaines, notamment les travailleurs non qualifiés, est une approche beaucoup plus accessible pour amorcer la transition vers l’industrie 4.0. En outre, il faut développer les secteurs potentiels comme le tourisme, où il est impossible - à moyen terme en tout cas - de remplacer le personnel par les technologies informatiques.

«Avec un marché du travail où 90% des emplois dans l’industrie sont manuels,  le gouvernement devrait accorder un programme d’aide spécifique focalisé sur l’amélioration de la qualification professionnelle», propose Trân Viêt Hoà, chef-adjoint du Département des sciences et des technologies.

Lors de sa réunion périodique de mars, le gouvernement a reconnu et apprécié le rapport thématique sur la 4e révolution industrielle du ministère des Sciences et des Technologies. «Le Vietnam doit se montrer actif et trouver des solutions efficaces pour saisir les opportunités et réduire au maximum les impacts négatifs de l’industrie 4.0. Dans l’immédiat, il faut créer une percée dans les technologies informatiques», est-il inscrit dans la Résolution de cette réunion gouvernementale.

Enfin, le gouvernement a demandé au ministère des Sciences et des Technologies, en coopération avec ceux de l’Information et de la Communication, de l’Éducation et de la Formation, d’élaborer un projet sur le renforcement des compétences pour amorcer la transition vers l’industrie 4.0, lequel sera ensuite soumis au Premier ministre pour approbation.      
 

Environ 85% des entreprises
s’intéressent à l’industrie 4.0
 
Une récente enquête menée auprès de 2.000 entreprises membres de l’Association des PME de Hanoï montre que 85% d’entre elles s’intéressent à l’industrie 4.0. Parmi elles, 55% estiment que la 4e révolution industrielle aura des impacts importants sur l’économie vietnamienne. Par ailleurs, 79% des entreprises interrogées ont répondu n’avoir établi encore aucune stratégie en la matière.
 

Huong Linh/CVN

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