26/05/2013 14:57
Au Nord-Est du Vietnam, dans la commune de Cach Linh, près de la frontière chinoise, les paysans vivent surtout de la canne à sucre, pour un revenu moyen particulièrement modeste : 400.000 dôngs par mois. Pourtant, en dix ans, leur niveau de vie s’est bien amélioré.

La majorité des communes du Vietnam disposent d’une association de femmes. Elle participe, avec le Comité populaire sous la responsabilité duquel elle est placée, aux décisions qui concernent la localité.

En 2006, l’association des femmes de Cach Linh, dans la province de Cao Bang, a créé un comité des femmes paysannes pour leur permettre de se réunir régulièrement. Sur les 77 foyers du village de Lang Hoai, 55 femmes ont adhéré pour 20.000 dôngs par an. «Ce club nous permet d’échanger sur les techniques agricoles, et de s’entraider en cas de besoin, notamment pour le repiquage du riz. Certaines toutefois ne se sont pas inscrites, faute d’argent ou de temps», nous a indiqué Ban Thi Au, présidente du comité.

Un champ de canne à sucre en avril. Cette culture représente en moyenne 70% des revenus des paysans de Cach Linh dans l’extrême Nord du Vietnam.

De fait, comme dans la plupart des campagnes vietnamiennes, les femmes sont au premier plan pour les travaux des champs, pour des chiffres d’affaires dérisoires. «Dans notre commune, nous cultivons principalement du maïs pour nourrir le bétail, la basse-cour, et faire de l’alcool de maïs ; du riz pour la consommation personnelle ; et de la canne à sucre pour la vente aux coopératives voisines. Le climat de notre région est bien adapté pour cette production qui nécessite soleil et pluie. Elle représente 70% de nos revenus», a-t-elle ajouté.

L’inflation jouant en leur faveur, les paysans voient actuellement leur revenu augmenter avec la croissance du cours du sucre. «Cette année, la cote tourne à environ un million de dôngs la tonne, contre 800.000 les saisons précédentes. Mais il est très difficile pour la plupart des familles d’acquérir des terrains, faute de revenus suffisants. Les terres cultivables coûtent environ 80.000 dôngs/m² et celles en pente ou dans les hauteurs 60.000, puisqu’elles sont plus difficiles d’accès et semées en terrasses».

À côté de ces productions, les villages de la région vivent de la culture vivrière : patates douces, manioc, courges et autres plantes médicinales, et font des échanges commerciaux de fruits, de porcs et de poulets avec la Chine, située seulement à quelques kilomètres. Ainsi, ils exportent leurs poulets élevés en plein air pour 100.000 dôngs, et en importent élevés en batterie pour 70.000 dôngs, «ce bénéfice n’est pas négligeable», selon les dires de Ban Thi Au.

Projets de micro crédits

Afin d’augmenter leurs revenus, les hommes qui sont formés à un métier vont travailler à l’extérieur, comme à la construction, ce qui rapporte souvent bien plus. Les autres vont aux champs.

Ferme traditionnelle du village de Lang Hoai (Nord-Est).


Aujourd’hui, le comité des femmes paysannes souhaite unir ses forces pour favoriser les prêts d’investissements. En 2012, dans le cadre d’un projet de développement local, il a reçu de l’État un emprunt de 6 millions de dôngs qui a permis à six familles de recevoir un million pour nourrir leur bétail. De plus, les cotisations annuelles du club lui permettent d’octroyer quelques prêts, à raison d’un million par an au total. Mais c’est largement insuffisant. Le comité cherche actuellement un financeur pour acheter des cochons. À raison de 3 à 5 millions de dôngs de micro prêt par foyer, ce sont 12 à
20 femmes qui pourraient démarrer un élevage de deux cochons. De fait, un porc bien nourri pèse 100 kg au moment de sa vente. Au prix de 40.000 dôngs/kilo, le chiffre d’affaires réalisé par l’éleveur serait alors de 4 millions par tête.

En dépit de ces difficultés, le niveau de vie des familles de ce village s’est nettement amélioré depuis dix ans. La plupart ont maintenant des maisons en dur, une moto ou un vélo pour se déplacer, et même des téléphones portables. Et grâce à la volonté politique du gouvernement vietnamien, la grande majorité des villages de campagne sont équipés en électricité depuis une dizaine d’années, date à laquelle la plupart ont acquis un téléviseur.

Texte et photos : Éloïse Levesque/CVN





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