02/10/2016 16:08
Le yuan a intégré les monnaies de référence du FMI, mais la Chine devra accélérer ses réformes financières et l'ouverture de ses marchés pour réellement convaincre les investisseurs étrangers, la devise restant difficilement convertible et suspendue à l'interventionnisme invétéré de Pékin.
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Le yuan a intégré les monnaies de référence du FMI.
Photo : AFP/VNA/CVN

La devise chinoise (renminbi) est depuis le 1er octobre officiellement partie intégrante de l'unité de compte du Fonds monétaire international, les droits de tirage spéciaux (DTS), rejoignant le dollar, l'euro, la livre britannique et le yen japonais. Cette "étape historique" pour l'internationalisation du renminbi "confirme la réussite de la Chine dans ses réformes et l'ouverture de son secteur financier", s'est félicitée la banque centrale chinoise (PBOC).

"Il s'agit d'un symbole", a indiqué à l'AFP Mitul Kotech, analyste de Barclays. "Pour Pékin, c'est un pas supplémentaire pour que le yuan s'impose comme devise de réserve". Les membres du FMI se voient allouer des comptes en DTS, qu'ils peuvent en cas de besoin céder en échange d'une des devises composant l'unité.

L'intégration du yuan pourrait ainsi accélérer la diversification des réserves des banques centrales et fonds souverains, même si ces derniers ne sont "pas obligés de s'ajuster strictement à la composition des DTS", ajoute Dariusz Kowalczyk, analyste de Crédit Agricole. Il anticipe un accroissement de leurs réserves en yuans de 25 à 30 milliards de dollars à moyen terme. Le marché des obligations en yuans pourrait, lui, attirer jusqu'à 1.000 milliards de dollars en cinq ans, selon Bloomberg.

Pour autant, "le yuan n'a pas encore conquis le statut de +devise de réserve+", insistait le 1er octobre Simon MacAdam, analyste du cabinet Capital Economics.

Une demande encore prudente

"En pratique, ce qui décide les banques centrales, c'est la certitude que la monnaie puisse être aisément vendue si nécessaire sur des marchés vastes et liquides", expliquait-il. Or, "les responsables de réserves de changes y réfléchiront à deux fois avant de se lier à la devise d'un pays dont les autorités interviennent quand ça leur chante" sur les marchés financiers, abonde son collègue Julian Evans-Pritchard, pour qui "l'impact restera minimal sur la demande d'actifs en renminbis".

Le yuan n'est pas pleinement convertible, ne pouvant fluctuer face au dollar que dans une fourchette de 2% autour d'un cours-pivot fixé par la banque centrale. Et celle-ci souffle le chaud et le froid : elle avait orchestré en août 2015 une soudaine dévaluation de 5%, puis avait en janvier abaissé le taux-pivot durant huit séances consécutives - ébranlant à chaque fois des marchés mondiaux stupéfaits.

La PBOC avait ensuite puisé dans ses colossales réserves de changes pour racheter des yuans et soutenir la monnaie, qui évolue désormais au plus bas depuis 2010 face au dollar. "Le temps dira comment réagissent les autres banques centrales, au vu des interventions des autorités chinoises", souligne MacAdam.

Un cours sous contrôle

Pékin a nettement intensifié depuis un an les contrôles sur les mouvements de capitaux pour endiguer l'hémorragie de flux financiers hors de Chine, et a renforcé ses interventions sur les marchés boursiers après leur effondrement de l'été 2015, allant jusqu'à interrompre arbitrairement les échanges.

Le rapatriement de capitaux par des étrangers reste très encadré. Dans ces conditions, la part du yuan dans les transactions internationales demeure limitée (1,72%), loin derrière le dollar (41%) ou l'euro (30,8%), selon la société Swift. La Chine, elle, vante ses efforts d'ouverture, les accords d'échanges de devises passés avec une trentaine de banques centrales, les quotas d'investissements en yuans accordés aux institutions étrangères, et l'accroissement des émissions obligataires en yuans.

La décision du FMI est "un tournant", "la Chine va approfondir ses réformes et s'ouvrir davantage", promet la PBOC. "La Chine libéralisera les marchés de capitaux plus significativement, le taux de conversion deviendra beaucoup plus flexible, (mais) c'est un processus graduel", assure Jin Zhongxia, directeur général du FMI pour la Chine, cité par les médias d'État.

Mais dans l'immédiat, paradoxalement, Pékin pourrait être poussé à intervenir davantage. "La PBOC va probablement soutenir (activement) le yuan dans les prochaines semaines, les autorités préférant voir leur devise se renforcer ou au moins être stable" afin d'éviter une volatilité intempestive entachant son image, confie Dariusz Kowalczyk.

Quitte à aller à l'encontre du marché : "Une forte poussée des fuites de capitaux ces derniers mois a accru la pression pour que le yuan se déprécie", rappelle Evans-Pritchard.

AFP/VNA/CVN
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