05/11/2016 08:12
Le tatouage, longtemps associé aux matelots, soldats, bassistes de heavy-métal, repris de justice et autres «mauvais garçons», sort de la contre-culture pour se frayer peu à peu un chemin jusque dans les montres de luxe.
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Une montre Bell & Ross inspirée d’un tatouage exposée à Genève.
Photo : AFP/VNA/CVN

Hublot, une des marques du groupe de luxe français LVMH, s’est ainsi associée au tatoueur suisse Maxime Büchi pour revisiter avec lui un de ses modèles phares, qui arrivera dans les boutiques chics courant octobre.

Vendue 18.600 euros, cette édition limitée donne l’heure sans aiguille grâce à une superposition de disques octogonaux, inspirés des motifs géométriques qu’affectionne cet artiste connu pour avoir tatoué le rappeur américain Kanye West.

Début septembre, la marque française Bell & Ross a elle débuté la commercialisation - pour 6.900 euros - d’une montre carrée, centrée autour d’un cadran en forme de tête de mort, et recouverte sur son boîtier de flammes finement gravées dans l’acier, marquées ensuite d’un vernis noir qui rappelle l’encre qu’utilisent les tatoueurs.

«L’idée m’est venue après avoir visité l’exposition +Tatoueurs, tatoués+ au musée du Quai Branly» à Paris, a retracé Bruno Belamich, directeur artistique de la marque, lors d’un entretien avec l’AFP, expliquant qu’il avait voulu retrouver cet univers «des bikers, des rockeurs, des pirates» dans une montre.

Swatch avait été parmi les premiers à surfer sur cette vague en faisant appel il y a quatre ans à Tin-Tin, la star parisienne du métier.

Pour la célèbre marque de montres en plastique multicolore, ce maître de l’aiguille, qui milite depuis des années pour que les tatoueurs soient reconnus comme des artistes à part entière, avait concocté trois dessins d’inspiration japonaise, un dragon, un serpent et une carpe, pour une série au prix nettement plus abordable de 75 euros.

Nouveaux métiers d’art

Cette montre de marque française Bell & Ross coûte 6.900 euros.
Photo : AFP/VNA/CVN

Parmi les pionniers, la marque suisse Romain Jerome s’était de son côté associée en 2011 à Mo Coppoletta, un tatoueur italien basé à Londres, pour ornementer des bracelets avant que cette collaboration ne débouche deux ans plus tard sur une série de montres limitée à 25 pièces.

«L’idée était de découvrir des éléments de sous-culture qui deviennent une culture à part entière. C’était une façon d’utiliser des métiers d’art de manière contemporaine», a expliqué Manuel Emch, son directeur général, qui a renouvelé l’expérience cette année avec le tatoueur français Loïc Lavenu, connu sous le pseudo de Xoïl.

«Ce sont des montres qui s’adressent évidemment à des collectionneurs, pas forcément à des passionnés de tatouage, mais avec un profil plus jeune, assez urbain et sensible au message», a-t-il décrypté, précisant que ces pièces se vendaient 21.950 euros.

Plutôt que de s’adresser à une star de la profession, la marque Bell & Ross a elle davantage cherché à reproduire les gestes du tatoueur dans la fabrication de ses montres.

Elle a d’abord demandé à un atelier de gravure en Suisse de marquer le boitier sur toute sa surface, y compris au dos, où sont dissimulés dans les entrelacs de minuscules motifs inspirés de tatouages militaires.

La manufacture suisse Châtelain - où sont également fabriquées les montres de Chanel Horlogerie - a ensuite été chargée de remplir les sillons à la main à l’aide d’un micro-doseur qui distille l’encre de manière très précise, sous une loupe binoculaire, à la manière du dermographe, l’outil qu’utilisent les tatoueurs pour réaliser leurs dessins.

Interrogé sur ces hommages à la profession, Philippe Aillaud, un des co-organisateurs d’une convention de tatouage qui s’est tenue récemment à Montreux en Suisse, a apporté une réponse mi-figue, mi-raisin.

«Pour les artistes, c’est une consécration. On n’est plus des sales mecs qui tatouent d’autres sales mecs», a-t-il défendu. «Mais si ça n’est pas sur la peau, ça n’est plus du tatou...», a tranché ce puriste.

AFP/VNA/CVN

 

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