11/11/2016 11:20
Plusieurs dizaines de migrants ont été accueillis jeudi 10 novembre au centre humanitaire qui a ouvert ses portes dans la matinée à Paris, avec pour objectif de mettre fin aux incessantes reconstitutions de campements indignes dans la capitale.
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Le premier Centre humanitaire pour migrants, près de la porte de la Chapelle, le 8 novembre à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

À l'initiative du projet, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, avait posé comme condition à cette ouverture, pour ne pas saturer immédiatement le nouveau centre, le démantèlement préalable du campement de migrants près du métro Stalingrad, dans le nord-est de Paris, devenu le plus grand bidonville de France après l'évacuation de la "Jungle" de Calais.

Au cours d'une opération record dans la capitale, plus de 3.800 migrants qui vivaient dans des conditions d'hygiène très dégradées ont ainsi été évacués le 4 novembre de ce campement, pour être conduits dans des centres d'hébergement en Île-de-France. Et le centre humanitaire a pu ouvrir jeudi matin 10 novembre.

"C'est bien ici", confie Thierno Diallo, un Guinéen de 31 ans, bonnet sur la tête, qui patiente à l'intérieur. "J'en ai entendu parler dans les médias, je suis arrivé tout à l'heure. J'étais à Créteil depuis sept mois, je dormais dans la rue. J'espère avoir un hébergement".

Selon la mairie de Paris, 60 hommes avaient été hébergés sur place jeudi soir 10 novembre. Cinq femmes isolées et deux mères avec quatre enfants en bas âge ont été conduites pour un hébergement sur un autre site.

Anne Hidalgo (centre) et la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, visitent le Centre pour migrants, le 8 novembre à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

"Beaucoup sont arrivés amenés par des maraudes. Dans les prochains jours ça va être le bouche-à-oreille", a dit Bruno Morel, directeur général d'Emmaüs solidarité, l'association qui pilote le centre.

Les migrants accueillis dans le centre, d'une capacité de 400 personnes, ne doivent y séjourner que quelques jours avant d'être réorientés en régions vers des Centres pour demandeurs d'asile (Cada) pour ceux dont la demande d'asile est en cours, ou vers des Centre d'accueil ou d'orientation (CAO) pour ceux qui n'ont pas fait de demande.

"Dès la semaine prochaine, il y aura des départs de ce site vers des CAO de province", a souligné Patrick Vieillescazes, chef du cabinet du préfet d'Ile-de-France, qui décrit le centre comme un "sas de répit et d'orientation".

"Des places d'hébergement se libèrent chaque jour", a-t-il expliqué. Selon lui, sur les 3.800 personnes du campement de Stalingrad mises à l'abri vendredi dernier 4 novembre, plus de 850 ont été orientées vers des lieux d'hébergement hors de l'Île-de-France.


M. Vieillescazes estime que cette "fluidité" de Paris vers la province permettra le bon fonctionnement du centre.

"Accueil digne"

La structure devrait accueillir entre 50 et 80 personnes par jour, soit le nombre estimé d'arrivées quotidiennes de migrants à Paris.

Les hommes isolés pourront être hébergés sur le site et les mineurs isolés seront transférés vers des structures de la ville de Paris. Les femmes et les familles seront accompagnées en navette vers des lieux d'accueil spécifiques, avant l'ouverture d'un autre centre de 400 places destiné à ces "publics vulnérables" à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) "début 2017", selon Bruno Morel.

"Je suis très heureuse parce qu'enfin on peut proposer un accueil digne et professionnel aux migrants qui arrivent à Paris. Pour la première fois aujourd'hui ces gens ne vont pas se poser dans la rue mais vont pouvoir être accueillis", s'est félicitée Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris.

Le service médical du centre pour migrants du nord de Paris le 8 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

C'est un "lieu tout à fait sécurisant, pas un lieu policier", "les migrants n'ont pas de raison d'avoir peur", a-t-elle ajouté.

Ce projet, d'un coût de 16,4 millions d'euros (investissement et fonctionnement), vise à mettre fin à un cycle de démantèlement et de reconstitution de camps à Paris. Au total, plus de 21.000 migrants ont été mis à l'abri au cours d'une trentaine d'opérations depuis plus d'un an dans la capitale.

Composé de structures modulaires démontables et comptant 120 salariés et 500 bénévoles, le centre devrait être transposé ailleurs d'ici 18 mois, le site étant destiné à accueillir des bâtiments universitaires.

AFP/VNA/CVN



 

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