20/11/2016 18:33
La Journée internationale de la tolérance, le 16 novembre, a été instaurée par l’UNESCO il y a 20 ans. Depuis, dans de nombreux pays dont le Vietnam, cette journée est l’occasion d'encourager toutes les formes de tolérance.
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Pour les Vietnamiens, la tolérance est le plus beau cadeau d’une vie humaine.
Photo : CTV/CVN

La tolérance fait partie de la nature des Vietnamiens et cette inclination est illustrée dans de nombreux proverbes.

Par exemple, pour parler de l’entraide entre frères et sœurs, on dit : «Quand la grande sœur tombe, la petite sœur la soutient». «Traverser le tamis, tomber sur le van» signifie que ce qu’on perd, ses proches le gagnent.

En ce qui concerne le voisinage, on dit «Vendre un parent éloigné pour acheter un proche voisin», ce qui signifie qu’un bon voisin vaut mieux qu’un parent indifférent.

Pour parler de la solidarité, on dit : «Quand le cheval tombe malade, l’écurie ne mange pas d’herbe». «Aimer les autres comme on aime sa propre personne» signifie «Aimer son prochain comme soi-même».

Le proverbe qui traduit le mieux l’esprit de tolérance des Vietnamiens est sans doute «On attaque celui qui s’enfuit et non celui qui revient», ce qui veut dire qu’il faut se montrer bienveillant envers celui qui s’est repenti.

Encourager toutes les formes de tolérance

Dans l’Histoire vietnamienne, nos ancêtres ont fourni aux envahisseurs vaincus des vivres et des moyens de transport pour qu’ils puissent rentrer chez eux.

Dans son poème «Proclamation de la victoire sur les Wu», Nguyên Trai écrit : «... Emprisonnés, les généraux ennemis sont comme des tigres affamés qui agitent leur queue en demandant que leur vie soit épargnée... Nous n’avons pas tué Shen Wu, lui ouvrant la voie à la vie... Ayant reçu cinq cents barques, Ma Qi et Fang Zheng ont regagné la mer sans avoir retrouvé leur esprit... Nous avons fourni des milliers de chevaux à Wang Tong et Ma Ying qui sont rentrés chez eux, tremblants et le cœur battant encore la chamade...».

La tolérance fait partie de la nature des Vietnamiens.
Photo : CTV/CVN

Aujourd'hui, les exemples de la tolérance des Vietnamiens ne manquent pas.

Le 16 mars 1968, des soldats américains ont tué 504 habitants du hameau de My Lai, village de Son My, district de Son Tinh, province de Quang Ngai (Centre), des femmes et des enfants pour la plupart. Après la guerre, torturés par leur conscience, certains des Américains ayant perpétré ce massacre sont revenus sur place pour demander pardon. À la question «Que pensez-vous de la demande de pardon des vétérans américains ?», Pham Thi Thuân, l’une des témoins du massacre, a répondu : «Six membres de ma famille ont été tués ce jour-là. Rien ne peut compenser cette perte mais c’est du passé. Je leur pardonne puisqu’ils se sont repentis».

Le 25 février 1969, un groupe de commandos, dirigé par Bob Kerry, a tué 21 civils dont des personnes âgées, des femmes et des enfants, dans la commune de Thanh Phong, district de Thanh Phu, province de Bên Tre (Sud). Devenu sénateur, Bob Kerry a avoué être hanté par ce crime et a demandé pardon aux habitants de Thanh Phong. Les familles des victimes ont déclaré qu’elles n’oublieraient pas ce passé douloureux mais qu'elles ne voulaient pas non plus garder de rancune. Que leur conscience fasse son travail.

Récemment, l’image de la mère d’une victime enlaçant celle de l’accusé, toutes les deux aux larmes, a ému le public. La mère de la victime a demandé à la cour d’alléger la peine de l’accusé qui avait tué son enfant.

Les anciens combattants d’une campagne dans le delta du Mékong ont financé un pont pour permettre aux enfants de se rendre à l’école. Une enseignante à la retraite de Hanoï donne gratuitement des cours aux enfants handicapés qui ne peuvent pas aller à l’école. Des jeunes acceptent de partir enseigner aux enfants des minorités ethniques dans les zones montagneuses, lointaines et reculées. Autant de preuves de compassion et de tolérance des Vietnamiens.

N’oublions pas le passé mais ne vivons pas dans la rancune ! La vie se poursuit après la mort. La compassion et la tolérance aident à effacer des rancunes qui semblaient indéfectibles. La tolérance n'est synonyme ni de concession ni de complaisance. Elle témoigne seulement du respect et de la diversité culturelle mondiale. Elle est surtout l'une des plus fondamentales qualités de l'être humain et l'expression de son humanisme. Pour les Vietnamiens, la tolérance est le plus beau cadeau d’une vie humaine.
 
VOV/VNA/CVN
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