01/12/2016 13:02
La sécheresse, les remontées d’eau salée, les vagues de froid intense... les phénomènes climatiques extrêmes ont eu une grave incidence sur la production rizicole. Devant cette situation, plusieurs mesures sont prises, notamment la coopération internationale dans la recherche de nouvelles espèces de riz.

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Les mesures de lutte contre les conséquences du changement climatique sur la production rizicole du Vietnam étaient au centre d’une récente conférence organisée conjointement par le ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural et l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI). «Le changement climatique et ses conséquences évoluent plus rapidement et plus gravement que prévu», affirme Trân Xuân Dinh, directeur adjoint du Département de la culture du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
 

Le Vietnam renforce la recherche d’espèces de riz de bonne qualité face aux conséquences du changement climatique. Photo : Manh Minh/VNA/CVN

Cette année est celle où le phénomène El Nino a sévi le plus longtemps, avec de graves effets sur la production agricole. Ce sont les provinces du Centre septentrional comme Binh Thuân, Ninh Thuân et Phu Yên qui en ont supporté les conséquecnes les plus sévères : des dizaines de millions d’hectares de riziculture ont été laissés en jachère durant deux saisons consécutives à cause de la sécheresse. Les remontées d’eau salée dans les provinces du delta du Mékong ont également détruit des dizaines de millions d’hectares de riz. En 2016, la superficie de rizières pour la campagne hiver-printemps a diminué de 31,1 millions d’hectares, et le rendement a baissé de 1,3 millions de tonnes par rapport à la même période de 2015.

Ces dernières années, l’Institut de recherche en riziculture du delta du Mékong a déployé les projets de recherche de nouvelles espèces de riz pour les zones salées. Ces projets ont abouti à de premiers résultats encourageants. Les espèces OM6677, OM576 et OM6976, qui sont en expérimentation, ont déjà montré leur capacité de résistance à une plus forte salinité de l’eau.

Renforcer la coopération internationale

L’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) est le partenaire de longue date de l’agriculture vietnamienne. Dans les années 1980, 70 à 80% des espèces de riz cultivées au Nord provenaient de l’IRRI. Actuellement, le Vietnam reçoit chaque année une quarantaine des meilleures espèces de riz des pays du monde, et si elles ne s’adaptent pas parfaitement aux conditions climatiques et pédologiques du Vietnam, elles ont toutefois été sélectionnées en vue d’être améliorées pour y répondre.


 

La création de nouvelles espèces de riz qui résistent aux conséquences du changement climatique est cruciale. Photo : Dinh Huê/VNA/CVN

«La coopération internationale dans la création de nouvelles espèces de riz qui résistent aux conséquences du changement climatique est cruciale pour l’agriculture vietnamienne», souligne Matthew Morell, directeur de l’IRRI. Et d’ajouter que l’objectif de l’IRRI est d’aider les agriculteurs à augmenter leurs revenus. Il préconise, à ce titre, que le Vietnam créée un label pour son riz afin d’en faciliter la commercialisation. «Les produits vietnamiens restent peu connus des grands marchés comme les États-Unis, l’Afrique et l’Europe. Il faut réaliser des études de marché pour bien comprendre les besoins de chacun d’entre eux», conseille-t-il. L’IRRI s’engage également à envoyer des spécialistes au Vietnam pour dispenser des formations sur place.

Le vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural Lê Quôc Doanh s’est félicité de la coopération efficace entre l’IRRI et le Vietnam lors de ces derniers temps. Il a également précisé les 5 secteurs de cette coopération à privilégier dans l’avenir que sont les études de marché, la recherche d’espèces de riz de bonne qualité, l’élaboration de critères de techniques agricoles pour chaque région en vue d’augmenter le rendement et diminuer les coûts de production, la prévision des changements climatiques, la définition de mesures concrètes pour le Vietnam et la formation de ressources humaines, notamment à l’IRRI.

Vân Anh/CVN

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