12/11/2016 08:33
La pollution atmosphérique dans les grandes villes progresse à un rythme alarmant. À Hanoï, la concentration de particules fines est beaucoup plus élevée que les normes admises. La surveillance de l’air est une première étape impérative pour en améliorer sa qualité.
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La pollution atmosphérique s’aggrave dans les grandes villes.
Photo : Manh Linh/VNA/CVN

«La pollution de l’air représente un risque environnemental majeur pour le développement durable du Vietnam, s’alarme Vo Tuân Nhân, vice-ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement. Les causes sont dues essentiellement aux transports et aux activités économiques, dont la production de l’électricité, du ciment, de l’acier et les activités des villages de métier».

La province de Bac Ninh (Nord) est l’une des provinces les plus polluées. Selon le Service provincial des ressources naturelles et de l’environnement, la concentration moyenne des particules fines relevée dans les centres urbains et sur les grands axes de communication est trois fois plus élevée que les normes vietnamiennes.

Une trentaine de villages, qui se chargent essentiellement du traitement et du recyclage des déchets et des métaux, dégage dans l’atmosphère des gaz toxiques. Entre 80% et 90% de ces genres d’usines produisent entre autres du dioxyde de soufre (SO2) et du dioxyde d’azote (NO2). Il faut compter en plus les sites dédiés à la transformation alimentaire, l’élevage et l’abattage des bêtes qui provoquent une grave pollution de l’air. Même les villages de métiers artisanaux ont leur part de responsabilité.

À Hanoï, l’indice sur la qualité de l’air (IQA) mesuré le 1er mars 2016 culminait à 388, un niveau jugé dangereux et qui peut causer de graves problèmes de santé notamment chez les patients atteints de maladies respiratoires et cardio-vasculaires. En outre, la concentration de particules fines (PM 2,5), considérées comme le polluant le plus nocif pour la santé humaine, était trois fois plus élevée que la valeur limite fixée par le Vietnam, et sept fois plus que celle définie par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans l’élaboration des plans d’urbanisation et d’industrialisation, la surveillance de la pollution environnementale ne se concentre que sur les déchets solides et les eaux usées et ne prend pas en compte la pollution atmosphérique», reconnaît Mai Thanh Dung, chef adjoint du Département général de l’environnement (ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement)

Développer des politiques pour la qualité de l’air

Un observatoire de la qualité de l’air installé dans l’arrondissement de Long Biên, Hanoï. Photo : CTV/CVN

Afin de renforcer la gestion de la qualité de l’air, le gouvernement a approuvé un plan d’action au niveau national. Selon le vice-ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Vo Tuân Nhân, l’objectif pour les années 2016-2017 est de relever les quantités de polluants rejetés dans l’air par les usines thermoélectriques et d’engrais, les cimenteries ou encore les aciéries. Il est aussi demandé de noter le volume des gaz d’échappement produits par les véhicules circulant à Hanoï, ville surpeuplée et au trafic surchargé.

Il est en effet prévu que d’ici 2020 soit mieux contrôlée la pollution émise par les transports et les activités industrielles. Ces dernières vont devoir être équipées de capteurs pour mesurer les rejets de gaz. Le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, en coopération avec les ministères et les secteurs concernés, a décidé de mettre en place tout un système de gestion de la qualité de l’air, avec notamment l’implémentation d’un réseau de stations pour effectuer les mesures.

«La croissance économique doit aller de pair avec la protection de l’environnement. Pour atteindre un développement durable, c’est une tâche primordiale, affirme Vo Tuân Nhân. Grâce aux aides de la Banque mondiale et des partenaires étrangers, le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement va faire tout son possible pour trouver des solutions efficaces pour limiter la pollution de l’air». 

Actuellement, la capitale dispose de six observatoires de la qualité de l’air. Pourtant, seuls deux, l’un sur la rue Nguyên Van Cu dans l’arrondissement de Long Biên et l’autre sur la rue Phao Dài Lang (arrondissement de Dông Da) sont encore opérationnels. Mais la ville se prépare à installer 20 observatoires de surveillance de l’air supplémentaires, dont neuf dans les zones surpeuplées.

Selon Nguyên Trong Dông, directeur du Service municipal des ressources naturelles et de l’environnement, ces installations vont aider les organismes concernés à donner l’alerte au cas où les seuils critiques seront atteints.  Pendant ce temps, à Hô Chi Minh-Ville, le Service municipal des ressources naturelles et de l’environnement a demandé au Comité populaire d’investir d’ici 2020 près de 495 milliards de dôngs dans 27 stations de surveillance automatiques et 225 semi-automatiques.

En dehors de ce projet, en 2016 et 2017, l’Office de la protection de l’environnement de la ville envisage d’élaborer un projet d’investissement dans un centre d’observation et d’analyse de l’environ-nement pour près de 78 milliards de dôngs.  
   
Huong Linh/CVN



 
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