11/11/2016 11:10
Les régions montagneuses du Nord sont propices à la confection d’huiles essentielles. Ma A Nu, un jeune entrepreneur issu de l'ethnie Mông à Sa Pa, a su sentir et saisir le potentiel. En quelques années, son commerce est devenu une vraie réussite et source d’inspiration pour les locaux.
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Ma A Nu dans sa ferme à San Si Hô, district de Sa Pa, province de Lào Cai (Nord). Photo : Huong Thu/VNA/CVN

Comme tous contes de fée, les histoires ne démarrent pas toujours dans la joie et le bonheur. Après le décès de son père, Ma A Nu, alors en 3e classe, a dû quitter le collège pour immédiatement travailler. Après avoir trimé sans succès dans les champs de la commune de San Si Hô (district de Sa Pa), il décida de quitter son métier d’agriculteur.

Il y a trois ans, il s’est rendu chez son ami de la commune de Ban Khoang, et découvrit la distillation artisanale des huiles essentielles. Ma A Nu a eu immédiatement un déclic : avec une flore aussi diversifiée, Sa Pa est un lieu idéal pour ces produits.

Après quelques séances à Ban Khoang, il invita son cousin Ma A Chu à l’accompagner à Ninh Binh pour étudier les techniques auprès des maîtres en la matière, et réalisa quelques recherches sur les recettes traditionnelles des ethnies minoritaires locales.

À ses débuts, il distillait à peu près 100 litres qu’il revendait ensuite aux touristes sur les marchés à Sa Pa. Mais dès la deuxième année, il a gagné des revenus de plus en plus importants, et ses produits se retrouvaient déjà en dehors de la province de Lào Cai. Il ouvrit ainsi cinq boutiques à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Il arrive à produire aujourd’hui 2 cuves de 1.000 litres, et a pu s’acheter une ferme et un terrain. «Les ingrédients sont naturels, ils viennent des forêts de Sa Pa. Le prix est un peu élevé, car la collecte n’est jamais facile», explique-t-il. Il a depuis fondé la coopérative Mông Cat Cat, regroupant une dizaine d’associés et d’employés locaux.

Pour la mère de Nu, le projet était pourtant une folie. «Lorsqu’il m’a annoncé vouloir vivre des huiles, je me suis énervée, car chez nous les Mông, on les utilise pour les bains», raconte-t-elle. Après avoir écouté son projet, j’ai décidé de vendre le buffle – la seule fortune de la famille».

La grande figure admirée par tout le monde

Les produits artisanaux de Ma A Nu issus des recettes traditionnelles des ethnies minoritaires locales. Photo : Huong Thu/VNA/CVN

Au début, Nu a dû traverser de grandes montagnes afin de cueillir les meilleures feuilles. Il a connu quelques échecs, mais il les a toujours considérés comme les leçons à apprendre. Et il n’a jamais abandonné son rêve. Maintenant, il possède une ferme de 20 hectares où il peut y cultiver plusieurs herbes et exploite des dizaines d’hectares de plantes médicinales dans les forêts.

«Dès les premiers jours, nous avions déjà l’ambition de réussir, pas seulement dans le marché domestique mais aussi à l’étranger. Notre rêve est d’apporter la culture de Sa Pa à tout le monde», confie-t-il.

Dans les locaux de la coopérative Mông Cat Cat, Pham Thi Vàng, une jeune vendeuse, explique que les clients peuvent trouver d’autres produits naturels et 100% artisanaux, comme des savons, des sels de bains et quelques médicaments. Pour Vàng A Can, l’un des associés, «le succès de Nu est très significatif pour la commune. Nous n’avions jamais pensé réussir grâce aux plantes qui entourent nos maisons».

De plus, 5% des bénéfices sont versés à des fonds en faveur des enfants démunis de la commune. Actuellement, Ma A Nu commence son projet de bibliothèques publiques, à côté de l’organisation des cours d’Anglais pour les jeunes des ethnies minoritaires. «Mon cousin est un membre actif de l’union et un jeune entrepreneur courageux. Il fait des affaires pour mieux gagner sa vie, mais aussi pour aider les autres déshérités», partage Ma A Chu.

Grâce à ce succès phénoménal, Ma A Nu a été honoré parmi 150 autres jeunes du prix Luong Dinh Cua 2015 du Comité central de l'Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh pour leurs réalisations dans la production, le commerce, le transfert des progrès technologiques, et l’environnement.
 
Dang Duong/CVN
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