31/01/2017 19:25
Dans le but d’améliorer voire de faire revivre les récifs coralliens, la Réserve naturelle marine de Phu Quôc, province de Kiên Giang (Sud), a mis en œuvre un ambitieux projet de plantation de coraux.
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Le district de Phu Quôc compte environ 500 ha de récifs, avec 49 espèces recensées. Photo : CTV/CVN

Dans le port d’An Thoi, district de Phu Quôc, un bateau en bois transporte régulièrement un groupe de protecteurs de la nature depuis la Réserve marine de Phu Quôc vers le sud. On les appelle les « planteurs de coraux ».

Une pépinière sous-marine

Après environ 20 minutes de navigation, le frêle esquif atteint l’îlot Roi et jette l’ancre à quelques encablures de la côte, pour attendre Nguyên Van Hai, 56 ans. Ce dernier  participe depuis ses débuts au projet de reproduction de coraux, en tant que bénévole. Ses trois acolytes, parmi lesquels Nguyên Linh Ngoc, chef du groupe, enfilent leur équipement de plongée et sautent à l’eau. À environ 7m de profondeur les attend  une pépinière de coraux d'environ  40m² plantée il y a quelques mois, installée entre les îlots de Dung et Mong Tay. Leur mission d'aujourd'hui est de vérifier l’état des coraux.

Chaque corail est fixé sur des supports artificiels, en l’occurrence des cadres en plastique ancrés au sol. La plupart des branches montrent de bons signes de développement. Les plongeurs expriment leur satisfaction en levant le pouce.

«Il a fallu beaucoup de temps pour constituer cette pépinière», partage Nguyên Linh Ngoc. Avant d’ajouter «Le corail est très sensible à son environnement, aussi l'emplacement doit-il satisfaire à des conditions très strictes. Par exemple l’eau ne doit pas être polluée et la profondeur doit être bien calculée, ni trop ni trop peu. Plus important encore, il doit n’y avoir aucune activité humaine dans les parages».

Pour l’instant, la Réserve naturelle marine de Phu Quôc ne multiplie que les coraux du genre Acropora. Comme signe de bonne santé avant transplantation, les bébés coraux doivent présenter un bon développement et comprendre de nombreuses branches. «La croissance du corail dépend entièrement de l'environnement naturel. Les humains ne peuvent pas soutenir sa croissance par des moyens artificiels. Beaucoup de pieds n’arrivent pas à s’adapter et meurent», explique Ngoc.

Détruit  en quelques secondes,
régénéré en plusieurs années


Il faut au moins trois ans pour que la transplantation corellienne soit considérée comme réussie. Photo : CTV/CVN

Selon Ngoc, la survie du jeune corail placé dans la pépinière ne peut se déterminer qu’après deux ou trois semaines. Il faut beaucoup de temps pour que les branches se développent. Normalement, les coraux passent deux ans dans la pépinière et  techniciens doivent régulièrement les examiner. Ensuite, ils sont replantés dans un récif endommagé voire détruit. Il faut encore au moins trois ans pour que la transplantation soit considérée comme réussie. Le district de Phu Quôc compte environ 500 ha de récifs, avec 49 espèces recensées. Cependant, des recherches récentes ont démontré que la population de coraux dans certaines zones a reculé de façon alarmante.

En cause le changement climatique avec trop de journées chaudes, qui a augmenté la température de l'eau, mais aussi l’activité humaine à des fins touristiques, notamment la plongée, qui se traduit par l’ancrage des bateaux au-dessus du récif et même le ramassage (illégal) de coraux par les touristes. Cependant, ce sont les pêcheurs locaux qui causent les plus gros dégâts et c’est donc sur eux que l’effort de sensibilisation doit porter. On estime qu'il existe à Phu Quôc plus de 150 types de poissons inféodés aux récifs coralliens, dont beaucoup ont une grande valeur économique, comme le mérou ou le vivaneau, ainsi que de nombreux types d'invertébrés et d'échinodermes.

«Le coût de plantation d’un mètre carré de récif est de 3 millions de dôngs et cela prend cinq ans. Une fois que les récifs sont détruits, non seulement il faut de grands efforts pour les rétablir, mais cela cause également des dommages énormes à l'écosystème et à la ressource de fruits de mer. C'est un prix énorme à payer», affirme Nguyên Linh Ngoc. 
 
Huong Linh/CVN

 
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