27/11/2016 16:21
Cartographie de la Lune, étude des rayons cosmiques et des éclairs de haute atmosphère : le Pic du Midi, dans le Sud-Ouest de la France, reste un lieu d’observation privilégié pour les scientifiques, dédié depuis une dizaine d’années au magnétisme des étoiles.
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L’observatoire du Pic du Midi, dans le Sud-Ouest de la France, abrite le plus grand télescope français.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sur le sommet parsemé de névés, les coupoles blanches de l’observatoire sont posées à 2.877 m au-dessus des vallées, noyées dans une mer de nuages en ce début d’été. Fondé en 1873, le site a attiré au fil des années des scientifiques souhaitant tirer profit de conditions géographiques et climatiques privilégiées.

Plus élevé que ses voisins du contrefort pyrénéen, le pic bénéficie d’une ouverture à 360° sur la plaine et la chaîne des Pyrénées. L’atmosphère y est plus stable, moins humide et moins polluée par les aérosols naturels et artificiels, autorisant des fenêtres d’observation très rares. «Les premières observations de scientifiques que l’on ait, ce sont des observations botaniques, en 1681», raconte l’historien Jean-Christophe Sanchez.

Neuf mois sous la neige

Cartographie, mesures de températures et de pression, sismologie : des chercheurs en font l’ascension aux XVIIe et XVIIIe siècles mais c’est en 1881 qu’une équipe s’y installe à demeure pour des relevés météorologiques.

Au début du XXe siècle, un premier instrument d’observation et sa coupole sont acheminés péniblement à pied, à travers la neige, par des porteurs et des militaires au sommet.

Les investigations systématiques des astres commencent après la Première Guerre mondiale.

L’invention du coronographe et l’observation des protubérances et éruptions solaires par Bernard Lyot signeront «l’émergence» du pic «au niveau international sur le plan scientifique», explique Rémi Cabanac, directeur scientifique de l’observatoire.

L’observatoire accueille en moyenne 100.000 visiteurs par an, dont 80.000 l’été.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après la Seconde Guerre mondiale, des physiciens britanniques et français étudient les rayons cosmiques à l’aide de chambres à brouillard, mettant en évidence des particules élémentaires. D’autres équipes participent à la cartographie de la Lune pour la mission Apollo, à l’aide d’un télescope d’un mètre financé par la NASA.

D’importants investissements sont réalisés pour le désenclaver : construction d’un funiculaire, d’une ligne à haute-tension et surtout d’un téléphérique en 1952.

«Avant, vous pouviez être scientifique mais vous étiez avant tout un aventurier». Avec un enneigement neuf mois sur douze, «le pic se transformait en sous-marin», souligne Nicolas Bourgeois, l’un des responsables du site.

Naissance et mort des étoiles

L’observatoire abrite le plus grand télescope français, doté d’un miroir de deux mètres. Protégé par une immense coupole en fer, il a d’abord scruté les galaxies et le ciel profond, avant d’être dédié depuis 2006 au magnétisme des étoiles, en alternance avec un «clone» de quatre mètres à Hawaï.

«On a ouvert un nouveau champ disciplinaire avec l’étude de l’évolution des étoiles et l’activité de leur champ magnétique», ajoute M. Cabanac, permettant notamment d’avancer dans la compréhension de leur naissance et de leur mort.

C’est ainsi qu’a été découverte une exoplanète à proximité d’une très jeune étoile, bousculant les théories sur le sujet, selon une étude publiée dans la revue Nature.

Au-delà, les trente chercheurs de l’observatoire travaillent sur l’activité solaire et atmosphérique. Une couveuse de lézards a été installée pour étudier leur adaptation à l’altitude, et une caméra ultrasensible fixe les éclairs de haute atmosphère lors des orages.

Jugé trop coûteux par l’État, l’observatoire a failli fermer en 1995. Après une mobilisation locale, il a été ouvert au tourisme en 2000 à l’issue d’importants travaux.

Le site accueille en moyenne 100.000 visiteurs par an, dont 80.000 l’été, qui payent 38 euros pour grimper en téléphérique au sommet ou 299 pour y passer la nuit. Accueilli avec méfiance à l’époque par une partie des scientifiques et du monde de la montagne, ce modèle a «sauvé la science», se félicite Daniel Soucaze des Soucaze, responsable de la régie.

Aujourd’hui distancé par des observatoires internationaux mieux équipés au Chili ou aux Canaries, celui du Pic du Midi demeure «fragile» et «doit rester concurrentiel scientifiquement», plaide M. Bourgeois, notamment en étant «le marchepied à l’international» des jeunes scientifiques.              

AFP/VNA/CVN
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