15/10/2016 08:55
Une fois en vigueur, l'Accord de libre-échange Vietnam - Union économique eurasiatique devrait permettre d’augmenter fortement les exportations vietnamiennes, du fait de la suppression progressive les lignes tarifaires.
>>Perspectives pour les relations économiques et commerciales entre le Vietnam et l’UEEA 
>>ALE Vietnam - UEEA : de grandes opportunités à saisir pour les entreprises vietnamiennes

L’Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et l'Union économique eurasienne (UEEA, laquelle regroupe la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie et le Kirghizistan) entre en vigueur le 5 octobre 2016.  Il s’agit du premier ALE convenu entre l’UEEA et un pays tiers, a annoncé le Département du marché d'Europe du ministère de l'Industrie et du Commerce.

Plusieurs produits vietnamiens comme les vêtements, les produits agricoles et aquatiques les chaussures, pourront profiter d’avantages substantiels grâce à une fiscalité préférentielle.  Photo : Trân Viêt/VNA/CVN

Les grands volets de cet accord sont la commercialisation des marchandises, le principe d’origine, la protection commerciale, les services, l’investissement, la propriété intellectuelle, les mesures d’hygiène des aliments, les obstacles techniques aux échanges et la concurrence.

Forte réduction des taxes à l’importation

Dans le cadre de cet accord, une zone de libre-échange sera créée et les membres de l’UEEA se sont engagés à réduire ou éliminer les taxes visant 87,4% des lignes tarifaires du Vietnam, qui en fera de même pour 87,7% de ses lignes tarifaires.

En  échange, le Vietnam supprime les taxes à l'importation de plus de 59% des marchandises originaires de l’UEEA, ce qui inclut viande, farine de blé, alcool,  équipements mécaniques ou encore produits en acier, tandis que le taux d'imposition de 30% d'autres produits sera progressivement ramené à 0% au cours de la période de transition.

Le Vietnam et l’UEEA ont lancé les négociations sur l’ALE en mars 2013. Après deux années et huit tours officiels, outre de nombreuses réunions de mi-mandat, les Premiers ministres des parties ont signé cet accord le 29 mai 2015 à Burabay, au Kazakhstan. Récemment, le ministère vietnamien des Affaires étrangères a annoncé l'achèvement des formalités de ratification. Dès l'entrée en vigueur de cet ALE, les deux parties créeront un comité mixte, un comité sur le commerce de biens, et un sous-comité sur les règles d'origine, en vue de superviser l'application de cet accord.

Priorité à la pêche et aux chaussures

Selon Dang Hoàng Hai, chef du Département du marché européen du ministère de l’Industrie et du Commerce, le textile, la pêche et les chaussures sont les secteurs les plus privilégiés par cet accord. Ce dernier stipule en effet une réduction, voire une exonération des taxes douanières sur 92% des biens échangés. Les échanges bilatéraux devraient atteindre, selon les prévisions, 10 à 12 milliards de dollars d’ici à 2020, soit le triple de ceux de 2014. Le chiffre d'affaires à l'export du Vietnam en UEEA devrait connaître une croissance annuelle de 18% à 20%. «Ce qui importe, c'est de bien étudier les points de l'accord concernant les produits concernés et les règles d'origine», a-t-il indiqué.

L’UEEA s’est engagée à appliquer une réduction des taxes sur plus de 90% des produits, dont un taux de 0% sur les produits aquatiques vietnamiens. 
Photo : Danh Lam/VNA/CVN

Nguyên Khanh Ngoc, chef adjointe dudit département, a conseillé aux entreprises de développer leurs propres entrepôts afin de réduire les coûts, expliquant que l’éloignement géographique est une difficulté de l’accès à ces marchés. Outre le respect des réglementations de cet accord, les entreprises vietnamiennes devront établir des plans pour être compétitives, en portant notamment une attention soutenue aux prix et à la qualité de leurs produits.

D’après l’Association du textile et de l’habillement du Vietnam (Vitas), dans les trois à cinq ans, le Vietnam devrait figurer sur la liste des cinq premiers fournisseurs de l’UEEA.

Abordant les opportunités de cet accord, Lê Tiên Truong, vice-président de la Vitas, également directeur général de la Compagnie de textile et d’habillement du Vietnam (Vinatex), a partagé que «l’année dernière, les importations textiles par l’UEEA se sont élevées à 16 milliards de dollars, dont 13 milliards par la Russie, et plus d’un milliard par le Kazakhstan et la Biélorussie. Actuellement, la Chine, la Turquie, l’Italie, l’Inde et le Bangladesh demeurent les premiers fournisseurs de cette union». À son avis, le Vietnam est actuellement son 8e fournisseur avec des exportations de plus de 300 millions de dollars. 

Croissance des échanges commerciaux bilatéraux

La création de cette zone de libre-échange va non seulement contribuer à la croissance des échanges bilatéraux et renforcer les relations économiques et commerciales entre les pays signataires, mais aidera aussi l’UEEA à élargir son accès aux économies de l’Asie-Pacifique.

Selon les estimations de l’UEEA, une fois entré en vigueur, cet accord devrait permettre d’augmenter les échanges commerciaux bilatéraux actuels de 4 milliards de dollars à 8-10 milliards dans les années qui viennent. Dans sa première année d’entrée en vigueur, les exportateurs de l’UEEA pourront économiser environ 40 millions de dollars de taxes.

L’ALE Vietnam-UEEA institue un cadre juridique stable et propice au développement des relations économiques entre le Vietnam et les pays membres de cette union sur le plan multilatéral comme bilatéral. De l’avis de nombreux spécialistes, il pose une liberté considérable en matière douanière. Outre les réductions et les exemptions de taxes d’import sur la quasi-totalité des produits répertoriés, chaque pays est libre de continuer de protéger certains de ses produits jugés  «plus sensibles» par des mesures tarifaires.

Selon les prévisions, l’accord de libre-échange permettra de multiplier les échanges commerciaux entre le Vietnam et ladite union. Ses pays membres pourraient augmenter considérablement leur aide au développement économique vietnamien, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des transports et de l’exploitation des ressources naturelles. À noter que l’économie vietnamienne et celle de cette union ne sont pas concurrentes, mais complémentaires. Les entreprises vietnamiennes auront la chance d'accéder au marché de consommation des cinq pays de l’UEEA avec plus de 180 millions de personnes générant un PIB de plus de 2.500 milliards de dollars.

Thê Linh/CVN
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