18/03/2017 09:29
L’année 2016 a été phénoménale pour le tir sportif vietnamien, avec un titre olympique au tir au pistolet à 10 m au Brésil. Derrière cette réussite se cache la coach Nguyên Thi Nhung. Surnommée «Iron woman», elle a un flair sans pareil pour dénicher les talents.
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Nguyên Thi Nhung a été nommée récemment au poste de secrétaire générale de la Fédération nationale de tir sportif.
Photo : Thông Nhât/VNA/CVN

Nguyên Thi Nhung est tombée dans la marmite du tir sportif toute petite. Au départ une fillette timide, elle a rapidement montré des dispositions pour ce sport qui est alors devenu une véritable passion. Auréolée de son 1er titre de championne dans un tournoi junior, elle a décidé d’en faire son métier, devenant championne du Vietnam à plusieurs reprises.

Nguyên Thi Nhung s’est tournée vers le coaching après son retrait du tir sportif professionnel en 1985. Elle a suivi une formation destinée aux entraîneurs de cette discipline à l’Université des sports de Moscou. Le tir sportif national a enregistré des progrès spectaculaires en peu de temps, avec l’émergence au plus haut niveau de Hà Minh Thành, Trân Quôc Cuong et Lê Thi Hoàng Ngoc.

Une victoire historique

L’exemple le plus probant est le tireur Hoàng Xuân Vinh, qui a décroché la médaille d’or au pistolet à 10 m hommes, avec à la clé un nouveau record olympique (202,5 points). Il a également fini vice-champion olympique au pistolet à 50 m hommes (191,3 points). Une éclosion qui ne doit rien à la chance, mais plutôt à Nguyên Thi Nhung. «Iron woman» les a en effet conduits à se lancer dans une carrière de tir à l’étranger, notamment en République de Corée. Elle renvoie en quelque sorte l’image d’une joaillière qui a su magnifier son diamant brut.

Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc (2e à gauche) remet l’Ordre du Travail de première classe au tireur Hoàng Xuân Vinh (1er à droite) et celle de 2e classe à sa coach Nguyên Thi Nhung.
Photo : Thông Nhât/VNA/CVN

Cette année, cette cinquantenaire totalise 38 ans de carrière. Sa dévotion et ses compétences ont été récompensées avec le titre de Meilleur entraîneur de l’année, devant Dang Anh Tuân (natation) et Hoàng Anh Tuân (football). Tout récemment, elle a été nommée au poste de secrétaire générale de la Fédération nationale de tir sportif.

Le gouvernement ne s’y est pas trompé, et lui a attribué en 2016 l’Ordre du Travail de 2e classe pour ses contributions au développement de sa discipline.

Depuis 2006, Hoàng Xuân Vinh s’entraîne sous la coupe de la «Dame de fer», qui a vu en lui une pépite. À cette époque, sa performance est passée relativement inaperçue. Les experts se sont davantage penchés sur Nguyên Manh Tuong, qui a été l’un des grands artisans des succès remarquables du tir vietnamien à cette période.

Grâce à ses prédispositions, sa persévérance et la volonté de Nguyên Thi Nhung de le sublimer, Xuân Vinh a un sacré palmarès à son actif au niveau international. Il s’est d’abord illustré en tant que premier Vietnamien à soulever la Coupe du monde de la Fédération internationale de tir sportif (au pistolet à 10 m en République de Corée en 2012). Sans parler de son titre olympique bien entendu.

Tout récemment, avec 236,6 points, il a remporté à New Delhi (Inde) la médaille d’argent lors de l’édition en 2017 de cette compétition. À noter que plus de 450 athlètes de 50 pays et territoires étaient présents pour disputer les épreuves de tir au fusil, au pistolet et au fusil de chasse (ball-trap) à New Delhi, du 23 février au 4 mars.

Un caractère bien trempé

Nguyên Thi Nhung (centre) n’a jamais émis le moindre doute quant à la capacité du tireur Hoàng Xuân Vinh (droite). Photo : Bach Duong/CVN

Nguyên Thi Nhung et son poulain étant deux fortes personnalités, il n’est pas rare que leur relation soit quelque peu conflictuelle. Mais selon elle, cela n’empêche pas d’avancer. Au contraire, c’est un moteur !

Pour elle, une relation trop lisse marque un désintérêt envers le relationnel. Elle n’hésite pas à faire naître des conflits à l’entraînement. Cela pousse à réagir, à dire les choses. «Parfois, Xuân Vinh ne parvient pas à garder la tête froide. Après sa contre-performance aux Jeux sportifs d’Asie en 2010 à Guangzhou (Chine) et aux Jeux olympiques de 2012 à Londres, il a pensé à jeter l’éponge», confie Nguyên Thi Nhung. Mais elle n’a jamais émis le moindre doute quant à sa capacité de briller aux Jeux olympiques un jour. On connaît la suite...

Cette année 2017, la nouvelle secrétaire de la Fédération nationale de tir sportif et Hoàng Xuân Vinh souhaitent voir le sport vietnamien aller plus avant encore. Ils aimeraient aussi que les instances sportives donnent des moyens à la hauteur des ambitions des tireurs. Si défendre les couleurs de son pays dans les plus grandes compétitions internationales est le rêve de tout sportif de haut niveau, c’est également un immense honneur. Les tireurs vietnamiens en sont parfaitement conscients et s’entraînent sans relâche pour parfaire leur technique et être prêts le jour J. Force est de reconnaître que cela leur réussit plutôt bien, en dépit de conditions d’entraînement indignes de leur talent (cf. numéro 51/2016).
 
Phuong Nga/CVN
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