08/10/2016 15:30
À deux jours d'un débat crucial contre Hillary Clinton, Donald Trump a été forcé de présenter le 7 octobre des excuses après la découverte de propos vieux de 11 ans mais particulièrement dégradants sur les femmes, et condamnés immédiatement par des ténors républicains.

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La fin de semaine a également vu la publication par WikiLeaks de messages de proches d'Hillary Clinton et d'extraits de discours confidentiels, des fuites mises sur le compte de Moscou. "Quand on est une star, elles nous laissent faire. On fait tout ce qu'on veut", dit Donald Trump à un présentateur de télévision, enregistrés à leur insu dans un car avant une émission. Un pouvoir qui inclut, selon le candidat à la Maison Blanche, la possibilité d'"attraper" les femmes par le sexe, dit-il en employant un terme beaucoup plus cru.

Donald Trump, en meeting dans le New Hampshire le 6 octobre 2016, a présenté ses excuses après la découverte de propos vieux de 11 ans mais particulièrement dégradants sur les femmes. Photo : AFP/VNA/CVN 


À l'époque, il n'est qu'un homme d'affaires et vedette de télévision à la réputation de coureur de jupons. Il vient d'épouser sa troisième femme, Melania Knauss. La vidéo a été obtenue et diffusée par le Washington Post et date de 2005. Son authenticité n'a pas été contestée par Donald Trump, qui a présenté immédiatement ses excuses. "C'était des plaisanteries de vestiaire, une conversation privée il y a des années. Bill Clinton m'a dit des choses bien pires sur des terrains de golf, sans comparaison. Je m'excuse auprès de tous ceux qui sont blessés", a déclaré le candidat.

Dans la vidéo, le magnat raconte aussi à son acolyte une tentative infructueuse de séduire une femme non nommée. "J'ai essayé mais j'ai échoué, je l'admets", dit Donald Trump. "J'ai essayé de me la faire, elle était mariée", ajoute-t-il, en employant un mot vulgaire pour l'acte sexuel.

La conversation continue, puis les deux hommes semblent apercevoir une actrice qui les attend à l'extérieur. "Il faut que je prenne des Tic-Tac au cas où je l'embrasse", dit Donald Trump. "Je suis automatiquement attiré par les belles... je les embrasse tout de suite, comme un aimant. Je les embrasse, je n'attends même pas".

"
Écœuré"

"On n'est pas en train d'élire un catéchiste", a défendu l'ex-directeur de campagne de Donald Trump, Corey Lewandowski. Mais la vidéo a consterné jusque dans son camp. "Je suis écoeuré par ce que j'ai entendu aujourd'hui", a déclaré Paul Ryan, l'homme fort du congrès, dans un communiqué cinglant, en l'enjoignant à démontrer "qu'il a plus de respect pour les femmes que cette vidéo ne le suggère".

 

Le candidat républicain Donald Trump lors d'une prise de parole le 6 octobre 2016 à Sandown, dans le New Hampshire. Photo : AFP/VNA/CVN 


Et le chef républicain d'annoncer que Donald Trump ne participerait plus à un rassemblement auquel il avait été convié dans son État du Wisconsin le 8 octobre - une "désinvitation" proche du camouflet.

La vidéo arrive opportunément pour le camp démocrate, qui s'est fait une spécialité de diffuser en boucle une compilation de déclarations de Donald Trump parlant des femmes.

"C'est horrible. Nous ne pouvons pas permettre à cet homme de devenir président", a aussitôt réagi Hillary Clinton sur Twitter.


À bientôt quatre semaines de l'élection présidentielle, Donald Trump a un besoin pressant de remonter sa cote auprès des électeurs modérés, des minorités et des femmes.

Ces événements ont du reste fait de l'ombre à la publication par WikiLeaks le 7 octobre de 2.060 emails attribués à l'actuel président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta.

Ce dernier a dit sur Twitter ne pas avoir eu le temps de vérifier l'authenticité de tous les documents mais s'est déclaré "mécontent d'avoir été piraté par les Russes dans leur volonté de donner l'élection à Donald Trump". Quelques heures plus tôt, Washington avait ouvertement accusé Moscou d'essayer d'interférer, grâce à des piratages informatiques, dans le processus électoral américain.

Avec cette fuite orchestrée par Julian Assange, WikiLeaks affirme livrer un secret bien gardé : des extraits de discours rémunérés prononcés par Hillary Clinton en 2013 et 2014 devant des banques d'affaires dont Goldman Sachs. La candidate a toujours refusé d'en publier le texte.

La démocrate y livre des plaidoyers pour une approche pragmatique de la politique, se faisant chantre du compromis, ce qui est sa marque de fabrique mais lui vaut la méfiance de l'aile gauche du parti démocrate.

Elle évoque aussi le défi auquel faisait face le département d'
État en 2009 pour s'adapter aux nouvelles technologies, rappelant que l'usage d'appareils mobiles étaient interdits pour des raisons de sécurité. Or c'est justement l'usage d'un Blackberry et d'un serveur privé qui a valu à Hillary Clinton d'être épinglée par le directeur du FBI.

AFP/VNA/CVN 

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