02/10/2016 08:47
Les Vietnamiens Bùi Thê Duong et Dô Van Minh figurent parmi les dix étrangers suivant une formation à l’Institut japonais de la police en mer. Ils sont aussi parmi les meilleurs étudiants.
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Dô Van Minh (gauche) et Bùi Thê Duong (centre) en pleine discussion avec un Japonais suivant une formation à l’Institut de la police en mer.
Photo : TT/CVN

L’Institut de la police en mer du Japon (IPMJ) est un des plus prestigieux centres de formation d’Asie-Pacifique. Équipé de matériel sophistiqué, il propose des cursus très durs d’une durée de quatre ans, englobant toutes les facettes de la carrière, comme la conduite d’un patrouilleur, la sécurité maritime, le droit maritime…

Actuellement, 190 étudiants japonais et étrangers, de la première à la quatrième années, font des études postuniversitaires à l’IPMJ. «Le centre compte seulement dix étrangers, venus du Vietnam, d’Indonésie et de Malaisie. Ces deux Vietnamiens m’impressionnent. Ils sont studieux et appliqués. En un mot : excellents !», confie Kishida, chargé de la formation au Département général de la sécurité maritime du Japon.

Simulateur de conduite

Début 2016, un groupe de journalistes étrangers, avec parmi eux des Vietnamiens, est venu visiter l’IPMJ. De Tokyo, il a pris l’avion pour Hiroshima. Encore une heure de taxi avant de débarquer dans ce haut lieu installé dans le golfe de Kure, face au port où sont ancrés de nombreux navires militaires.

Le Professeur Jun Ichi Michimoto, cheveux argentés, a accueilli les hôtes avec un doux sourire. «Bienvenue à vous ! C’est la première fois qu’un groupe de journalistes étrangers vient visiter l’IPMJ. Auparavant, nous n’avions accueilli que des officiers de police étrangers», explique-t-il.
 
Les garde-côtes du Japon et du Vietnam collaborent étroitement dans l’amélioration de leurs capacités d’application du droit de la mer.
Photo : CTV/CVN

L’histoire de l’IPMJ est racontée grosso modo par son vice-président, M. Nakatsu : «Après la 2e guerre mondiale, notre police en mer n’existait plus. L’IPMJ a été créé avec comme mission de former des officiers. Installé initialement à Tokyo, il a été transféré en 1952 dans le golfe de Kure». Pointant du doigt un chantier naval situé non loin de là, M. Nakatsu ajoute, pas peu fier : «C’est là qu’a été construit et mis à l’eau le célèbre vaisseau de guerre Yamato, un des cinq plus puissants du monde : 256 m de long, 26,9 m de large et 86.200 tonnes de  jauge».

Au sein de l’IPMJ, un grand bâtiment abrite au premier étage des salles de classe. Le 2e étage, lui, est transformé en une cabine de pilotage d’un patrouilleur, équipée d’appareils sophistiqués. Bref, un simulateur de conduite. Un ensemble d’écrans forme un arc de 180°.  Un étudiant est aux commandes. Sa mission : aborder un port de nuit. «C’est une manœuvre techniquement  compliquée», explique le Professeur Jun Ichi Michimoto. Puis soudain, un orage survient. Vagues et vent rendent la manoeuvre encore plus technique. Selon le professeur Jun Ichi Michimoto, c’est dans cette cabine de simulation ultrasophistiquée que les futurs policiers s’habituent à toute situation. C’est aussi le lieu où les étudiants passent leur examen de fin d’année scolaire.  «C’est vraiment sensationnel. On a l’impression d’être en mission», s’enthousiasme un étudiant.

Étudier pour servir la Patrie

Les deux étudiants vietnamiens se préparent à défendre leur thèse d’agrégation après un an d’études à l’Institut. Ils travaillaient auparavant dans le Service de sauvetage et de défense de l’environnement maritime, relevant de la Police en mer du Vietnam. Selon Bùi Thê Duong, 38 ans, originaire de la province de Hai Duong, pour être sélectionnés pour un cursus postuniversitaire à l’IPMJ, les candidats - japonais et étrangers - doivent suivre un cours appelé «Grips Tokyo Japan», avoir de larges connaissances en langues anglaise et japonaise mais aussi en droit international. «À l’IPMJ, nous suivons des formations concernant la navigation et  le droit maritimes, le code de l’environnement, la sécurité et la sûreté maritimes, et aussi les relations internationales», précise-t-il. Les études sont dures, bien sûr. «En contrepartie, nous sommes guidés par des professeurs dévoués. Tous les documents nécessaires sont disponibles dans la bibliothèque de l’Institut. Les étudiants sont solidaires, sympathiques et toujours prêts à s’entraider», confie Duong.

Dô Van Minh, 30 ans, confie avec fierté : «Notre tâche actuelle est d’étudier. Étudier pour nous-mêmes, pour servir notre pays dans l’avenir, et pour montrer aux amis internationaux que le Vietnam n’a rien à envier à d’autres pays dans le monde».  Pour lui, cette formation lui a permis, outre d’acquérir des connaissances pointues, de nouer une amitié avec de nombreux confrères étrangers. «Tout cela nous sera profitable, à nous agents de la police en mer, lorsque nous assurerons la difficile mission confiée par la Patrie», confie-t-il.

La police en mer

Il s’agit d’un ensemble de missions allant de la police des pêches maritimes à la surveillance des aires marines protégées. À savoir : la police de la pêche maritime ; les polices spéciales de l’environnement (pollutions par les navires, déversement de substances nuisibles en mer, déchets, protection de la faune et de la flore situées sur le domaine public maritime, infractions à la chasse maritime) ; la police de la navigation maritime : comprend la police de la circulation (au sens du respect du règlement international) et la police du pavillon (au sens  de l’immatriculation et du titre de navigation) ; la police du domaine public maritime : contrôle de l’occupation du domaine public maritime, concours en cas de découverte d’épave portant atteinte à la navigation ou à l’environnement.

Nghia Dàn/CVN
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