07/11/2016 17:10
Un séisme suivi de nombreuses répliques : depuis le 13 novembre, la société française est plongée dans un climat inédit de menace terroriste qui révèle des lignes de fracture politiques et identitaires, selon des experts interrogés par l'AFP.
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Les secours se précipitent vers le Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les cicatrices des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher commençaient à peine à se refermer quand la France a basculé à nouveau dans la terreur jihadiste, avec des attaques d'une toute autre ampleur (130 morts) dont le caractère indiscriminé a sidéré la population.

"On sait qu'une société occidentale soudainement frappée par un attentat de masse en temps de paix met entre six et neuf mois pour revenir +à la normale+, c'est-à-dire pour que les symboles de solidarité avec les victimes disparaissent de l'espace public et que le terrorisme cesse d'occuper toutes les conversations. Neuf mois, c'est le temps qu'il a fallu à la société américaine après le 11-Septembre", explique Gérôme Truc, auteur de "Sidérations. Une sociologie des attentats".

"Nous venions tout juste d'arriver au bout du cycle post-attentats de janvier 2015 lorsque s'est produit le 13 novembre. Le choc a été d'autant plus fort que nous commencions à peine à revenir à la normale", explique-t-il.

L'unité nationale de janvier a volé en éclats, laissant place notamment à de vifs débats autour de l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

"Un nouveau clivage politique", transversal au débat droite-gauche, "s'est dessiné entre d'un côté l'appel à la sécurité et aux mesures d'exception, à plus de pouvoir pour l'exécutif, et de l'autre des gens qui veulent maintenir état de droit et des libertés", estime le sociologue Michel Wieviorka.

Ce débat a été alimenté par la litanie des attentats (Bruxelles, Magnanville, Nice, Saint-Étienne-du-Rouvray) et des tentatives déjouées qui ont suivi, plongeant la France dans une apnée terroriste. "La répétition des attaques rend plus difficile encore le retour à la normale", souligne Gérôme Truc.
 
AFP/VNA/CVN
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