17/03/2017 16:50
Un courrier piégé a explosé jeudi 16 mars au siège parisien du FMI et blessé une employée, un acte qualifié d'"attentat" par le président français et qui pourrait être dû à la mouvance anarchiste grecque, selon des sources française et grecque.
>>"Attentat" au colis piégé au siège parisien du FMI, un blessé léger

Les enquêteurs devant le siège parisien du FMI, le 16 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cette explosion est survenue au lendemain de la découverte d'un paquet piégé au ministère allemand des Finances, dont l'envoi a été revendiqué par un groupe anarchiste grec.

"Nous sommes encore en face d'un attentat, il n'y a pas d'autre mot face à un colis piégé", a déclaré François Hollande. "Nous sommes toujours visés. Là, en l’occurrence, c'est le Fonds monétaire international, mais c'est en France, c'est la France. (...) Nous sommes directement concernés", a-t-il déclaré en marge d'un déplacement dans le Sud.

Christine Lagarde, la patronne du FMI, a condamné un "acte de violence lâche".

L'explosion du colis piégé au siège du FMI a légèrement blessé une secrétaire. Des éclats l'ont atteinte au visage et elle souffre des tympans du fait de l'effet de souffle, selon le préfet de police de Paris Michel Cadot.

Mercredi 15 mars à Berlin, un "mélange explosif" a été découvert au ministère allemand des Finances, expédié depuis la Grèce, avec comme fausse adresse d'expéditeur celle d'un député de droite. Le groupe anarchiste grec Conspiration des cellules de feu a revendiqué l'envoi de ce paquet.

Ce même groupe "serait vraisemblablement à l'origine" de l'envoi du colis piégé ayant explosé au siège parisien du FMI, a indiqué une source policière grecque.

Selon cette source, le ministre adjoint grec de la Protection civile Nikos Toskas a été informé par les autorités françaises que le colis envoyé au FMI avait été expédié d'Athènes, comme celui envoyé au ministère allemand des Finances.

Engin "relativement artisanal"

Selon une source proche de l'enquête à Paris, des résidus de timbres grecs ont été retrouvés après l'explosion de jeudi 16 mars.

"Compte tenu de ces premières constations, l'enquête s'oriente plutôt vers la piste d'un groupe anarcho-autonome", a précisé cette source.

L'explosion au FMI a été provoquée par un engin pyrotechnique "relativement artisanal" qui a provoqué des "dégâts assez limités dans le bureau", a déclaré Michel Cadot lors d'un point de presse.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'engin pourrait être un pétard. Plusieurs personnes ont été évacuées par mesure de précaution après cette explosion survenue au cœur de Paris, à proximité des Champs-Élysées.

Le parquet antiterroriste a été saisi de l'enquête en flagrance, notamment ouverte pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

"Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu'au bout", a promis M. Hollande, pour lequel les événements de jeudi - l'explosion au FMI et une fusillade dans un lycée - conduisent "à justifier l'état d'urgence".

Mercredi 15 mars, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait estimé que les conditions étaient réunies pour "une sortie de l'état d'urgence", instauré en France au soir des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 et prolongé jusqu'au 15 juillet 2017.

La décision reviendra toutefois à la majorité issue des urnes après la présidentielle (23 avril - 8 mai) et les législatives (juin). Toute nouvelle prolongation de l'état d'urgence doit en effet être soumise au Parlement.

AFP/VNA/CVN


 
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