15/03/2017 17:52
Le paludisme a été déclaré lundi soir 13 mars à Bujumbura, par les autorités sanitaires burundaises, comme "une épidémie" au Burundi sur base d'une expertise de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Le paludisme est dû à un parasite transmis par les moustiques.
Photo : AFP/VNA/CVN


"Sur base des conclusions d'une mission d'investigation des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et en référence à la dernière mise à jour faite par le système national de surveillance épidémiologique (SNSE), le ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le sida (MSPLS) confirme qu'aujourd'hui, le Burundi fait face à une épidémie de paludisme", a déclaré dans un point de presse Josiane Nijimbere, ministre burundaise en charge de la santé publique.

En effet, a expliqué la ministre Nijimbere, cette dernière mise à jour faite par le SNSE, opérant en synergie avec l'expertise de l'OMS, a relevé un total cumulé de "8.169.484 cas confirmés de paludisme notifiés" au cours de l'année 2016, frappant particulièrement les provinces du nord et du nord-est, à savoir celles de Kirundo, Muyinga, Karusi, Cankuzo, ainsi que, "dans une moindre mesure", celles de Ngozi, Kayanza, Gitega, Rutana et Ruyigi.

Elle a ajouté qu'au cours de la période du 1er janvier au 10 mars 2017, la mise à jour faite par le SNSE, en synergie avec l'expertise de l'OMS, a recensé un total cumulé de "1.823.012 cas de paludisme notifiés", soit une augmentation de 13%, par rapport à la situation qui prévalait, à la même période, en 2016.

La ministre Nijimbere a signalé également qu'en janvier 2017, une mission internationale d'investigation commissionnée par son ministère et conduite par l'OMS, a constaté que l'augmentation des cas et décès liés au paludisme au Burundi, a été progressive depuis l'année 2013, affectant principalement les provinces du Nord et du Nord-Est du pays. Cette mission, a-t-elle explicité, a noté en outre que les seuils épidémiologiques pour la déclaration de l'épidémie, "ont été largement dépassé" dans ces provinces.

"Les changements climatiques et autres facteurs environnementaux, des facteurs liés à la surveillance et l'utilisation non optimale des mesures préventives telles que les moustiquaires imprégnées d'insecticides par les communautés, ainsi que l'expansion des cultures rizicoles ayant multiplié les facteurs favorables à la multiplication des moustiques vecteurs du paludisme", tels sont, selon la ministre Nijimbere, les principaux facteurs causals de l'amplification de la malaria au Burundi, depuis 2013 à ce jour.

Dans cette sentence, la ministre Nijimbere s'appuie toujours sur les résultats de la mission internationale ad hoc opérationnelle sous l'égide de l'OMS. Pour faire face à cette épidémie, la médecin Nijimbere a dévoilé que le MSPLS a entrepris quatre actions-phares.

Les deux premières, a-t-elle explicité, sont l'utilisation d'un plan de riposte en cours de finalisation permettant de s'attaquer à l'épidémie sous plusieurs angles en vue d'une mobilisation sociale et des ressources additionnelles pour y faire face et le déploiement des plans de commandes d'urgence en médicaments et autres intrants pour faire face à une pression sur la consommation des médicaments en prévision d'une expansion de la zone de couverture en traitement (traitements de masse dans des zones ciblées).

La 3e action-phare, a-t-elle signalé en outre, est le redéploiement du personnel de santé du niveau de l'administration centrale dans 11 districts sanitaires les plus touchés pour faire un état des lieux des besoins et pour apporter un appui aux structures locales de soins dans la prise en charge des cas paludiques, en recourant notamment à la formule de cliniques mobiles.

Dans cette perspective, a-t-elle annoncé, le MSPLS envisage l'extension progressive de la couverture antipaludique, à travers la dispensation des traitements à l'artésunate-amodiaquine dans les sites éloignés des centres de santé jusqu'à couvrir 26 districts sanitaires.

La 4e et dernière action-phare pour faire face à l'épidémie, a-t-elle annoncé en plus, est le renforcement des mesures de prévention antipaludique via notamment la distribution des MIILDA (moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action) au cours d'une campagne d'aspersion dans les zones éligibles. La ministre Nijimbere a saisi l'occasion pour "lancer un appel vibrant" à tous les partenaires du Burundi pour appuyer le pays en cette période d'épidémie qu'elle a qualifié de "grande urgence de santé publique".

En plus, elle a recommandé à tous ses compatriotes en général et en particulier à ceux résidant dans les zones les plus touchées par cette épidémie, de "toujours dormir sous MIILDA et surtout de recourir aux structures de soins dès l'apparition des symptômes pour bénéficier d'un traitement antipaludique dispensé gratuitement".


Xinhua/VNA/CVN

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