08/10/2016 08:16
Les créances douteuses des banques vietnamiennes ont encore augmenté ce premier semestre, tandis que le pays manque toujours d’un marché de vente et d’achat des dettes.
 
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Le ratio des créances douteuses a été ramené à 2,58% fin juin 2016, contre 2,78% fin mai. Photo : Trân Viêt/VNA/CVN

Dans leurs rapports financiers de fin de deuxième trimestre récemment publiés par les banques, on observe une hausse du taux de créances douteuses dans tous les établissements. Chez les neuf banques cotées, elles accumulaient fin juin plus de 43.000 milliards de dôngs de ces créances, soit une augmentation de 28% par rapport fin 2015 avec 33.868 milliards de dôngs.

En termes de ratio de créances douteuses, la Banque d’import-export du Vietnam (Eximbank) est au premier rang avec 5,3% à la fin du premier semestre, contre 1,86% fin 2015, correspondant à 4.200 milliards de dôngs. Elle est suivie par la Sacombank (Sài Gon Thuong Tin) avec 2,83% contre 1,85%. En termes de montant, les grandes banques du secteur public sont aux premières places. La Banque d’investissement et de développement du Vietnam (BIDV) affiche 13.184 milliards de dôngs pour un ratio de 2%, contre une dizaine de milliards de dôngs fin 2015.

Chez la Banque de commerce extérieur du Vietnam (Vietcombank), même situation avec 7.470 milliards de dôngs contre 7.136 milliards de dôngs, dont 4.676 milliards exposés à une perte pure, même si le ratio a baissé de 0,1% en passant de 1,8% à 1,7%.

Selon les spécialistes, cette nouvelle progression des créances bancaires douteuses s’explique par l’application de la directive 780 de 2012 de la Banque d’État du Vietnam (BEV), dont l’application aboutissait au classement d’un volume non négligeable de ces créances dans le groupe «À restructurer». Mais avec la fin de l’application de cette directive ces «créances à restructurer» sont désormais des créances douteuses.

Manque de dispositions juridiques

La Compagnie de gestion des actifs du Vietnam (VAMC), créée il y a trois ans, a acquis pour près de 251.000 milliards de dôngs de créances douteuses, dont seulement 15% ont été traités, soit de l’ordre de 34.000 milliards de dôngs. Ce résultat est à confronter avec son ambition de régler le sort de 30% à 40% des créances douteuses en cinq années d’activité.

Durant la phase d’évaluation des biens donnés en garantie ou de leur réalisation forcée, les débiteurs n’acceptent pas, dans la plupart des cas, que ceux-ci soient vendus au prix du marché ou, sinon, à la condition que le prix permette de régler intégralement la dette.

La VAMC rencontre aussi des difficultés dans la réalisation des garanties immobilières ou dans la saisie des biens en raison de l’absence ou de l’opposition des débiteurs. En outre, nombre de ces biens objet d’une sûreté ou saisis font l’objet de litiges de nature civile.

Donner des bases saines au système bancaire

Autre problème, du fait que les professionnels et les experts vietnamiens de la finance ne sont pas engagés sur le segment hautement spéculatif des cessions de dettes, l’évaluation de ces créances souffre sur certains points d’un manque de dispositions juridiques.

La VAMC ne dispose pas de pouvoir pour pallier ces carences, de sorte que cela entrave et complique le traitement des créances douteuses.

La VAMC a acquis pour près de 251.000 milliards de dôngs de créances douteuses en trois années d’activité. Photo : Trân Viêt/VNA/CVN

En 2016, la VAMC se consacrera exclusivement au traitement des créances déjà acquises (revente, réalisation des garanties). Pour les organismes de crédit qui souhaitent toujours céder leurs créances à la VAMC, la compagnie les achètera au prix du marché, en limitant l’émission des titres obligataires spéciaux. Dans l’avenir, si les capacités financières de la VAMC sont suffisantes, elle envisagera de prendre des participations au sein d’organismes de crédit, dans le cadre de leurs opérations de restructuration, afin de les soutenir.

Le gouverneur de la BEV, Lê Minh Hung, appelle les organismes de crédit et les filiales de banques étrangères à sérieusement contrôler le traitement des créances douteuses et à prendre des mesures globales pour maintenir leur ration en-deçà de 3%. Le ratio de créances douteuses - en tant qu’indicateur macroéconomique pour le système bancaire - était, fin juin, de 2,58%, contre 2,78% fin mai 2016.

Afin d’éviter les risques systémiques pour l’économie nationale que représente un secteur bancaire faible dans le segment du crédit, la BEV entend régler définitivement le problème d’un ratio de créances douteuses trop élevé, ainsi qu’améliorer la qualité du crédit. Une position destinée à donner des bases saines au système bancaire vietnamien et lui assurer de meilleures chances de développement durable d’ici 2020.
 
Thê Linh/CVN
 
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