31/12/2016 22:01
Des confiseries et des chips réalisées à partir de fruits destinés aux bennes à ordures : mauvais élève en matière de gaspillage alimentaire, le Royaume-Uni connaît un début de révolution sous l'impulsion d'associations et d'entreprises.
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Des bénévoles de l'association FoodCycle préparent des plats à partir de la nourriture destinée à la poubelle, le 21 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Ben Whitehead, jeune entrepreneur, affirme avoir sauvé de la poubelle près de 15 tonnes de fruits à lui seul en l'espace de cinq ans.

La première fois que cet ancien bénévole de l'association FoodCycle, spécialisée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, est parti en quête de fruits en fin de vie au marché près de chez lui, il s'est vu proposer douze cartons d'ananas.

L'homme a depuis créé son entreprise, SpareFruit. Son créneau: des chips fabriquées à partir de pommes et de poires disgracieuses que les producteurs ne parviennent pas à vendre aux supermarchés.

"Si vous roulez au milieu d'un verger, vous verrez comme des tapis de fruits. Certains ne sont plus bons mais je dirais que 90% d'entre eux sont parfaitement comestibles", dit-il.

Snact, une entreprise cousine, fabrique elle des pâtes de fruits. Elle s'est lancée après avoir levé 14.000 livres (17.000 euros) via une campagne de crowdfunding en 2014.

Les deux entreprises prévoient de s'agrandir l'an prochain, et ambitionnent même de se faire une place dans les rayons de la chaîne de grands magasins britanniques Selfridges. Une opportunité qui témoigne d'une évolution des mentalités, juge Ben Whitehead.

Choses délicieuses et surprenantes

Pour les militants du zéro gâchis, 2016 a été une année décisive en Europe. Des pays comme la France et l'Italie ont voté des lois contre le gaspillage alimentaire, facilitant notamment les dons aux organismes caritatifs.

Le Royaume-Uni, lui, n'a pas légiféré, laissant associations et entreprises combler cette lacune.

Et leur défi est de taille: quelque 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le pays, selon une étude de 2016 de l'organisation caritative Waste and Resources Action Programme (Wrap). Un chiffre qui atteint 88 millions de tonnes à l'échelle de l'Union européenne, selon des estimations de 2012.

Malgré le manque d'impulsion politique, les mentalités évoluent. Dans le centre de Londres, les enseignes proposant cafés haut de gamme et muffins caloriques font de plus en plus de place aux produits fabriqués avec des fruits récupérés.

Des associations, comme FoodCycle, présente dans plusieurs villes du pays, offrent elles aussi une seconde vie aux produits invendus.

Les principaux dons proviennent des primeurs turcs du quartier, explique Anne Engel, une des bénévoles de l'association. Les supermarchés sont de moins fidèles alliés. Ce jour-là, leur offrande est maigre : un sac de pain.

Pour autant, les mentalités doivent encore évoluer, juge Anne Engel. La preuve ? "Nous avons beaucoup de bénévoles qui ont encore peur d'utiliser les produits passés de date de péremtion", déplore-t-elle.

AFP/VNA/CVN
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