10/10/2016 14:41
Une semaine après avoir été frappé par l'ouragan Matthew, Haïti est confronté à une autre menace potentiellement catastrophique: le choléra, qui pourrait alourdir grandement le bilan des victimes.
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Une femme prépare un repas au milieu des décombres à Port-Salut, au sud-ouest de Port-au-Prince, le 9 octobre 2016. Photo : AFP/VNA/CVN

À Port-Salut, une ville qui a été dévastée dans la péninsule méridionale la plus touchée, les craintes sont vives. Son unique a enregistré dimanche 9 octobre son premier décès dû au choléra, un homme d'âge non précisé.

Neuf autres patients y sont actuellement soignés pour cette maladie qui se transmet par l'eau contaminée.

De quoi inquiéter alors que des régions entières en Haïti restent toujours isolées, près d'une semaine après l'arrivée de l'ouragan qui a fait plusieurs centaines de morts dans le pays le plus pauvre de la Caraïbe.

Selon des experts, le choléra a été introduit en Haïti par des Casques bleus népalais de la Minustah, la mission locale des Nations unies censée stabiliser cette nation autrefois surnommée "la Perle des Antilles".

L'ONU admet sa responsabilité

Un homme atteint de choléra dans un hôpital de Port-Salut, au sud-ouest de Port-au-Prince, le 9 octobre 2016. Photo : AFP/VNA/CVN

Mi-août, près de six ans après le début de l'épidémie, l'ONU a pour la première fois reconnu avoir une "responsabilité morale" envers les victimes du choléra en Haïti et leurs familles, annonçant qu'elle allait leur accorder une "aide matérielle" directe.

Depuis octobre 2010, le choléra a fait près de 10.000 morts en Haïti et, avec toujours plus de 500 cas chaque semaine, le pays fait face à la pire épidémie de l'histoire récente à l'échelle mondiale.

Cette maladie fait courir un "danger mortel" à la ville et ses environs, assure le docteur Stevenson Desravines, directeur de l'hôpital de Port-Salut, déplorant ne pas disposer des ressources matérielles et humaines nécessaires pour faire face à la crise.

"Depuis l'ouragan, nous recevons une centaine de patients chaque jour, dont 85% présentent des blessures provoquées par la tempête", dit-il.

Il s'agit souvent de fractures ou autres blessures causées par des chutes d'arbres ou de toits.

L'établissement dirigé par le docteur Desravines emploie 55 personnes, dont un tiers de Cubains envoyés par La Havane en vertu d'un ancien accord de coopération.

À l'intérieur et à l'extérieur des salles de soins, les malades et les visiteurs sont invités à se désinfecter les mains autant que possible. Des produits antiseptiques, contenus dans des bouteilles de soda réutilisées, sont à disposition.

Les malades du choléra doivent, eux, emprunter une porte d'accès à part.

"Nous attendons des renforts de personnel et davantage de matériel, dont des poches à perfusion, des médicaments et des produits de désinfection", explique M. Desravines.
AFP/VNA/CVN
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