24/12/2016 16:00
Chaque année, 6.400 personnes meurent de noyade au Vietnam. En première ligne, les jeunes et en particulier les enfants. Pour en finir avec ces morts «évitables», il faut coûte que coûte rendre les cours de natation obligatoires à l’école, la plupart des enfants ne sachant pas nager.
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La noyade est l’une des premières causes de mortalité chez les enfants au Vietnam.
Kim Ha/VNA/CVN

Au Vietnam, le taux de noyade chez les jeunes enfants est alarmant. Un rapport du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales fait état d’une moyenne de 6.400 cas de noyade par an, dont 50% concerne les enfants et les adolescents, ce qui fait environ neuf enfants qui trouvent la mort par jour. Cette dure réalité nécessite des réponses immédiates afin de diminuer l’exposition des jeunes enfants à ce risque.

De la réalité alarmante…

Après la noyade de neuf élèves à Quang Tri (Centre) et de deux élèves à Hà Tinh (Centre) qui a marqué l’opinion publique, deux accidents qui se sont produits juste après la rentrée scolaire, l’initiation des enfants à la natation devient plus que jamais un impératif. Un point de vue que partage également Nguyên Hông Minh, ancien chef du Département des sports de haut niveau 1 du Comité de l’éducation physique et des sports du Vietnam : «Le centre du sport populaire se situe dans la pratique sportive à l’école et l’urgence est de rendre populaire la nation chez les jeunes enfants, afin d’éviter les risques de noyade. Les jeunes enfants de la région du delta du Mékong, grâce à leur environnement et mode de vie, savent nager dans l’écrasante majorité. Ce qui est tout sauf le cas des enfants des régions du Centre et du Nord du Vietnam. En l’absence d’aide de la famille ou de l’école, ces enfants sont exposés à des situations dangereuses».

Des élèves lors d'un cours de natation à Thua Thiên Huê.
Photo : Hô Câu/VNA/CVN

D’après lui, le gouvernement a lancé un programme de prévention des risques de noyade et émis de nombreux décrets pour son application. La plupart des collectivités locales les ont mis en application, et le programme sera d’autant plus efficace si le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales et celui de l’Éducation et de la Formation arrivent à travailler ensemble sur ce dossier. Le problème prend son origine dans le manque de place et de moyens de la plupart des écoles pour les activités sportives, et plus particulièrement pour la pratique de la natation. Une réponse peut cependant être trouvée grâce à un effort collectif de la part des écoles, des services des sports et des entreprises privées.

… à la nécessité d’agir immédiatement

Le ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, Nguyên Ngoc Thiên, partage également cette analyse. «Afin de rendre l’action efficace, le meilleur moyen serait de mobiliser la participation de toute la société. L’école peut travailler avec les centres sportifs pour utiliser leurs installations, et le comité des sports peut apporter son soutien technique. Nous appelons également la participation des entreprises privées et de chaque famille pour répondre à cette problématique qui nous concerne tous. La réalité nous demande d’agir immédiatement, avec des résultats dès cette année», a-t-il dit.

Pendant l’année scolaire 2015-2016, quelque 2.500 élèves ont appris à nager dans la ville Dà Nang (Centre). Photo : Hô Câu/VNA/CVN

L’apprentissage de la natation permet aux jeunes enfants d’accroître leur capacité de survie dans l’eau puisque dans certaines circonstances, il ne suffit pas simplement de savoir nager. Son ministre a demandé à ce que le programme soit testé dans les provinces où il y a de forts taux de noyade avant qu’il soit mis en application au niveau national. Il a aussi attiré l’attention de la population sur l’importance du programme et lancé un appel à la collaboration entre le secteur des sports et le ministère de l’Éducation et de la Formation pour que le programme donne rapidement des résultats. «Toute la société est concernée. Si le rôle essentiel est joué par le ministère de l’Éducation et de la Formation, l’école et la famille, il faut pouvoir compter sur l’aide des entreprises privées mais aussi des médias qui participent à orienter et à faire changer l’opinion publique sur le sujet. Pour en finir avec la noyade, nous devons passer à l’action dès à présent», a martelé Nguyên Ngoc Thiên.

Dà Nang installe des piscines mobiles à école
 
Pendant l’année scolaire 2015-2016, quelque 2.500 élèves ont appris à nager dans la ville Dà Nang (Centre). Le secteur de l’éducation et de la formation de cette ville espère voir ce chiffre grimper à plus de 14.000 par an dans les prochaines années, grâce à ce programme lancé par le gouvernement.

Nguyên Dinh Vinh, directeur du Service de l’éducation et de la formation de Dà Nang, est confiant : «Nous espérons que d’ici un an, chaque école sera équipée d’une piscine. Une fois certains objectifs atteints comme être capable de faire un 20 m papillon, les élèves recevront un certificat. Ce dernier ne sera pas comptabilisé dans les résultats scolaires, l’important étant que les enfants sachent nager correctement afin d’éviter la noyade».

Dans la plupart des centres aquatiques de la ville, les recommandations du programme sont appliquées à la lettre : affichage du planning et du numéro de téléphone à contacter, présence des responsables à chaque séance.

Le secteur de l’éducation et de la formation de la ville est très attentif à la bonne tenue de ces séances. Bien conscient que les élèves ne peuvent pas tous savoir nager dès la première année, le rectorat espère avant tout provoquer un effet positif  auprès des familles et de la société sur la nécessité d’apprendre à nager aux enfants.

Phuong Nga/CVN
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