07/10/2016 10:43
Partis à la hâte, les gamins grelottent à la nuit tombée sur la pelouse du Parlement à Kaboul. Au quatrième jour de l'offensive talibane sur Kunduz (Nord), des familles entières continuent de fuir la ville livrée au chaos.

>>Attaque contre l'Université américaine de Kaboul
 

Des civils fuient Kunduz (Nord de l'Afghanistan), le 5 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN


Par dizaines, ils sont arrivés encore jeudi 6 octobre dans la capitale afghane, après un voyage payé au prix fort à bord de taxis asphyxiés par le nombre de passagers : celui d'Abdullah, qui l'a acheminé jusqu'à Kaboul avec femme, enfants, soeurs et parents, en transportait huit, pour lesquels il a facturé environ 10.000 afghanis (plus de 150 dollars, le salaire mensuel d'un policier confirmé).

Abdullah, qui souhaite comme les autres conserver l'anonymat, avait déjà quitté Kunduz en septembre 2015 lors de la précédente offensive des insurgés islamistes sur la capitale provinciale du Nord, frontalière du Tadjkistan. Tout comme Mohammad, arrivé avec sept proches et qui montre sa longue chemise beige déjà mouchetée pour dire, "nous sommes partis avec ce que nous avions sur le dos".

Près de 10.000 civils ont déjà fui selon l'ONU, afin d'échapper aux combats toujours en cours malgré les affirmations du gouvernement clamant avoir repris le contrôle de la ville lundi soir 3 octobre.

C'était apparemment le cas dans le Centre mais, depuis, les talibans ont semble-t-il reçu des renforts et les combats ont repris de plus belle, y compris dans le centre-ville selon Mohammad, qui a réussi à quitter la ville mercredi matin 5 octobre.

"Nous sommes partis vers 11h00, les hélicoptères du gouvernement bombardaient sans cible précise" rapporte-t-il. Comme tous les hommes autour de lui, il reçoit heure par heure des appels des proches restés en ville qui font état de tirs de roquettes incessants jusque dans les rues du centre.

Maisons occupées ou incendiées

"Kunduz est en feu !", assure une jeune femme. Sous le grillage textile de la burqa la voix vibre d'indignation : "Quand les gens refusent d'abriter les combattants, les talibans incendient leur maison" affirme Parmin, approuvée par les silhouettes bleues autour d'elle.

"Ils tirent sur les civils qui sortent de chez eux : ils ont prévenu que ceux qui mettaient le nez dehors se feraient tirer dessus. Ils ont aussi incendié plusieurs boutiques" renchérit une voisine citant un "commerce de tapis".

Un nouveau convoi vient d'arriver alors que la nuit s'avance. Tous se retrouvent sur cette pelouse où les accueille la député de Kunduz, Fatima Aziz : téléphone portable en main, elle reçoit les appels à l'aide de ses administrés et négocie un peu de soutien auprès d'hommes d'affaires et entrepreneurs compatissants, susceptibles de trouver un abri pour la nuit et quelques vivres.

"C'est de pire en pire à chaque minute", assure-t-elle. "Les talibans prennent position dans chaque maison, chaque rue. Les gens coincés sur place manquent de nourriture, d'eau et d'électricité mais il n'y a pas assez de moyens de transports, même pour ceux qui peuvent dépenser les économies d'une vie" explique-t-elle jurant recevoir quelque 100 appels par quart d'heure.

Fatima Aziz a sollicité l'aide du ministre des Réfugiés, "mais il était à Bruxelles" : la conférence des donateurs a réuni 70 pays plus le secrétaire général de l'ONU pour promettre près de 14 milliards supplémentaires à l'Afghanistan d'ici 2020 - en espérant la paix en échange.

Mais le pays n'arrive déjà plus à gérer le flot des déplacés fuyant la multiplication des fronts du Nord au Sud et dans l'Est, avec l'insécurité qui en découle. Plus de 1,2 million au total dont 270.000 rien que depuis le début de l'année, qui viennent gonfler les campements sommaires des principales villes dont Kaboul.

 

AFP/VNA/CVN

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