13/06/2017 18:32
Près d'une ado de 11 à 14 ans sur cinq est trop maigre : c'est le constat le plus spectaculaire d'une étude sur la corpulence des Français publiée mardi 13 juin, qui révèle une stabilité du surpoids et de l'obésité entre 2006 et 2015.
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Chez les filles de 11 à 14 ans, le taux de maigreur a été quasiment multiplié par cinq en dix ans (de 4,3% à 19,6%).
Photo : AFP/VNA/CVN

Publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France, cette étude porte sur l'évolution du surpoids des Français en 10 ans. Ce sont pourtant ses conclusions sur la maigreur des enfants qui étonnent.

De 2006 à 2015, le pourcentage d'enfants maigres est passé de 8% à 13% chez les 6-17 ans. Une catégorie est particulièrement concernée : les filles de 11 à 14 ans. Elles sont cinq fois plus nombreuses qu'il y a dix ans à être maigres (19,6% contre 4,3%).

Influence de la mode et des mannequins ultra-minces voire décharnés? Challenges de maigreur sur internet (cuisses qui ne se touchent pas, taille cachée par une feuille A4) dont les ados sont friands ?

"Nous n'avons pas d'explication, il faudrait creuser davantage", commente pour l'AFP Benoît Salanave, de l'unité de surveillance nutritionnelle de Santé publique France.

Cet épidémiologiste veut éviter l'alarmisme : "C'est un constat à nuancer. C'est essentiellement de la maigreur de grade 1 (juste sous les seuils de normalité, ndlr), ce n'est pas pathologique, pas de l'anorexie".

Pour autant, ces chiffres fournissent des pistes de réflexion. "On peut penser que dans les prochaines années, le Programme national nutrition santé (PNNS) s'intéressera aussi à ce problème de maigreur", alors qu'il est pour l'instant focalisé sur le surpoids, note M. Salanave.

Par ailleurs, des dispositions de la loi Santé viennent d'entrer en vigueur pour endiguer les mauvaises pratiques du milieu de la mode: les mannequins doivent fournir un certificat médical pour prouver qu'ils ne sont pas trop maigres et les photos retouchées doivent le mentionner.

Obésité : question de poids

L'obésité est une question de santé publique planétaire. Selon une étude américaine publiée lundi, la proportion de la population obèse n'a cessé d'augmenter dans le monde jusqu'à toucher une personne sur dix. Avec des risques de décès prématuré liés aux maladies cardiovasculaires.

En France, la tendance est stable sur dix ans, comme le montre le rapport publié mardi dans le cadre d'une vaste étude nommée Esteban (Étude de SanTé sur l'Environnement, la Biosurveillance, l'Activité physique et la Nutrition). 17,2% des adultes étaient obèses en 2015 contre 16,9% en 2006 (49% contre 49,3% pour le surpoids).

Même stabilité chez les enfants de 6 à 17 ans. En 2015, 16,9% étaient en surpoids et 3,9% obèses, contre 17,6% et 3,3% en 2006. Surpoids et obésité sont mesurés selon l'indice de masse corporelle (IMC), qu'on obtient en divisant le poids par la taille au carré. Au-dessus de 25 pour un adulte, on est en surpoids et à partir de 30, on parle d'obésité.

"Chez les adultes, c'est la première fois qu'on atteint une stabilité. Chez les enfants, c'est une confirmation", relève M. Salanave. "L'objectif du PNNS était de réduire le surpoids, on n'y est pas encore. On reste à des niveaux importants". Ce programme a été mis en place en 2001 pour améliorer la santé de la population en agissant sur la nutrition.

Hommes, femmes : tous égaux?

43,7% des hommes et 53,3% des femmes ont un poids normal. Le surpoids (hors obésité) est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (37,1% contre 26,8%). En revanche, les deux sexes sont égaux devant l'obésité (16,8% et 17,4%). Surpoids et obésité augmentent avec l'âge, mais ont tendance à se stabiliser dès 40 ans chez la femme.

Sans surprise, le niveau social compte. 60,8% des hommes et 53,4% des femmes sans diplôme ou ayant un diplôme inférieur au bac étaient en surpoids ou obèses en 2015. Ces chiffres ne sont plus que de 42% (hommes) et 29,6% (femmes) pour les diplômés 2e ou 3e cycle universitaire. Ces résultats seront affinés et étayés avec la publication prochaine d'autres volets de l'étude Esteban : ils porteront sur l'activité physique et les habitudes alimentaires des Français.
 
AFP/VNA/CVN
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