15/10/2016 15:56
La communauté internationale a adopté samedi matin 15 octobre à Kigali un calendrier en vue de l'élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisés dans les réfrigérateurs et climatiseurs, les pays riches étant appelés à agir plus vite que les pays en voie de développement.
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>>Protocole de Montréal : accord sur l'élimination des gaz à effet de serre HFC en vue

Les représentants de 197 pays se réunissent le 14 octobre pour la 28e réunion des parties au Protocole de Montréal, à Kigali, au Rwanda .
Photo : AFP/VNA/CVN

Cet accord, sous la forme d'un amendement au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone, a été copieusement applaudi par les diplomates exténués par une nuit entière passée à le peaufiner.

"L'année passée à Paris (lors de la COP21), nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique", a réagi le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim, cité dans un communiqué. "Aujourd'hui, nous honorons cette promesse".

L'Agence américaine pour la protection de l'Environnement a, quant à elle, qualifié l'accord d'"historique". "Nous nous souviendrons de ce jour comme un des plus importants dans nos efforts pour sauver la seule planète dont nous disposons".

Le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim, le 13 octobre à Kigali.
Photo : AFP/VNA/CVN
Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s'est engagée à agir pour contenir la hausse de la température dans le monde "bien en deçà de 2°C" par rapport au niveau préindustriel et à "poursuivre les efforts" pour la limiter à 1,5°C.

Or, l'élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l'Institute for Governance and Sustainable Development (IGSD), un groupe de réflexion. À l'horizon 2030, elle permettrait d'éviter jusqu'à 1,7 gigatonne d'équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

Juridiquement contraignant, l'accord de Kigali est une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique et permet aussi de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), à Marrakech (Maroc).

Question épineuse

L'élimination des HFC, présents dans certains aérosols ou pour la fabrication de mousses isolantes, est une question épineuse pour des pays tels que l'Inde, immense puissance économique en voie de développement. Et il aura fallu plusieurs réunions bilatérales vendredi, notamment avec le secrétaire d'État américain John Kerry, pour débloquer les négociations.

Le président rwandais Paul Kagame (3e en partant de la droite) avec des participants à la réunion de Kigali sur les gaz HFC, le 13 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Tout accord doit être souple pour toutes les parties prenantes. Clairement, notre position a été élaborée pour prendre en compte nos intérêts nationaux", avait déclaré jeudi 13 octobre Ajay Narayan Jha, haut responsable du ministère indien de l'Environnement.

Le calendrier finalement adopté samedi 15 octobre prévoit qu'un premier groupe de pays, ceux dits "développés", réduise sa consommation de HFC de 10% d'ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, ce chiffre devant passer à 85% d'ici à 2036.

Un deuxième groupe de pays "en voie de développement", dont la Chine et les pays africains, s'est engagé à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d'ici à 2045.

Gaz à effet de serre, leur principe, les 6 principaux et les hydrofluorocarbones.
Photo : AFP/VNA/CVN
Un troisième groupe de pays également "en voie de développement" incluant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, l'Irak et les pays du Golfe s'est, quant à lui, engagé à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

Un des pires gaz à effet de serre

Les HFC sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), ceux dont les émissions augmentent le plus vite, à un rythme de 10-15% par an. Ils sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone.

Mais s'ils sont bons pour l'ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat, d'où l'idée lancée dès 2009 d'un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression.

"L'amendement de Kigali élimine le réchauffement issu de l'un des six plus importants gaz à effet de serre", s'est d'ailleurs félicité l'IGSD. D'autant que des solutions de rechange aux HFC existent déjà, sous forme d'hydrocarbures, de dioxyde de carbone, d'ammoniac, d'eau ou d'hydrofluoroléfines (HFO).

Les participants ont par ailleurs confirmé leur engagement à financer la transition. Fin septembre, 16 pays (États-Unis, Japon, Allemagne, France...) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York avaient déjà promis une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d'euros) pour les pays en voie de développement.

Le financement de la transition, dont le total est estimé à plusieurs milliards de dollars à l'échelle mondiale, fera l'objet de nouvelles discussions fin 2017 dans le cadre du Protocole de Montréal.

AFP/VNA/CVN




 

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