08/01/2017 16:25
Suspendue à une fragile construction en bois, la silhouette maculée de terre jaune disparaît sous terre, armée d'une barre à mine, d'une simple pelle et d'une lampe frontale. À Madagascar, la chasse aux saphirs est une jungle qui n'obéit à aucune loi.
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Un mineur remonte d'un trou à la recherche de saphirs dans la région de Sakaraha, à Madagascar.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Madagascar, des centaines de trous juste assez larges pour un homme donnent au paysage un air de zone de guerre. Les mineurs en remontent des kilos de gravats dans un ballet continu.

Autour d'eux, des enfants courent et des femmes font la cuisine sous des abris de fortune, le tout sous l'oeil de quelques hommes venus surveiller le site avec leurs fusils de chasse. 

Le mois dernier, l'activité de cette mine informelle a été suspendue par les autorités après des échauffourées entre des villageois et des mineurs venus du reste du pays pour y tenter leur chance.

Albert Soja remonte péniblement à la surface. Comme la plupart des mineurs, il ne touche pas de salaire pour ses allers et retours dans les entrailles de la terre. Seules les rares pierres précieuses qu'il trouve lui rapportent quelques dizaines d'euros pièce.

Tenir le coup

Faute de saphir à vendre, sa "paie" se résume à quelques portions de riz ou de manioc fournies par un de ses "patrons". Souvent d'origine srilankaise, ils sont propriétaires des boutiques de pierres précieuses de la ville voisine de Sakaraha.

"Les patrons financent notre nourriture et notre matériel. Ca nous permet de tenir le coup, sans leur aide on aurait faim", explique Albert Soja, "ensuite, on est obligé de leur vendre les pierres".

Exportations illégales 

Selon un rapport de la Banque Mondiale, environ 250 millions de dollars d'or et de pierres précieuses ont été exportées illégalement de Madagascar en 2011, un chiffre que les experts du secteur estiment encore largement sous-évalué.

Le ministre chargé des Mines et du Pétrole ne peut que le reconnaître: "Ces petites mines sont hors du contrôle de l'État", dit Ying Vah Zafilahy, "donc on n'a pas de statistique officielle sur leur existence et sur les taxes qu'on peut y prélever".

"Nous espérons cette année pouvoir les recenser pour les formaliser", promet-il.

AFP/VNA/CVN

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