05/03/2017 10:56
En plein cœur de la capitale se tient un marché peu ordinaire. Ici, tous les articles sont proposés au prix de 2.000 dôngs. Une manière pour le groupe de volontaires du projet E2K (Everything With 2 K) de venir en aide aux travailleurs démunis.
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Le marché du projet E2K attire un grand nombre de travailleurs démunis.
Photo : Huong Linh/CVN

Nguyên Thi Luyên est aux anges. Elle vient tout juste d’acheter 12 vêtements et une couverture pour la modique somme de 2.000 chacun. Originaire de la province de Thai Binh (Nord), elle est à Hanoï pour s’occuper de son grand frère hospitalisé qui s’est fait diagnostiquer en août dernier un cancer du poumon. «Ma famille est très pauvre et nous vivons avec les familles des deux frères de mon mari. Ils vivent de l’agriculture», partage Luyên.

En tant que première bru de la famille, Nguyên Thi Luyên doit acheter de nouveaux vêtements pour sa famille lors du Nouvel An lunaire. Mais ses moyens sont plus que limités. «Grâce au marché, toute ma famille aura de nouveaux vêtements pour la nouvelle année. Ils seront très heureux, c’est certain», sourit-elle.

Pour la bonne cause

Comme Luyên, Trân Thi Muoi, originaire de la province de Nghê An (Centre), travaille en tant qu’aide à domicile dans l’arrondissement de Hai Bà Trung. Elle a jeté son dévolu sur des jeans et des vestes pour son mari et ses deux enfants.

«Cela fait déjà plusieurs fois que je viens à ce marché. La dernière fois, j’avais acheté une paire de chaussures et des livres pour ma nièce moyennant 2.000 dôngs l’article. Et tout ce que j’ai acheté était neuf. J’ai de la chance !», partage Muoi, ajoutant que nombre de ses voisins font également des emplettes ici.

Ce marché, ou plutôt cette friperie (car on y vend essentiellement des vêtements), se trouve au 3B, rue Quang Trung, dans l’arrondissement de Hoàn Kiêm, en plein centre-ville. Il a été créé par Vu Thi Lan, une employée de l’Institut des produits pharmaceutiques et cinq de ses amis. Sa motivation ? Dire «stop» au gaspillage en faisant profiter les personnes les plus modestes de toutes sortes de produits qui finiraient sinon à la poubelle.

Inauguré fin août 2016, ce marché est devenu une adresse de confiance pour les personnes défavorisées. Il est ouvert tous les samedis matins à partir de 08h30. Et comme il a déjà été mentionné, des centaines d’articles d’occasion y sont vendus au tarif unique de 2.000 dôngs… Chaque brocante nécessite de la part des volontaires plusieurs jours de travail. «Le triage des articles donnés par les +bons samaritains+ est l’étape la plus fastidieuse», partage Nguyên Thi Hai, une volontaire du projet. Mais l’essentiel est d’apporter un peu de réconfort aux plus démunis d’entre nous. C’est ce qui nous motive».

Un projet qui fait des émules

Des volontaires du projet E2K trient des articles donnés par les +bons samaritains +. Photo : TB/CVN

Nguyên Thu Huong habite l’arrondissement de Long Biên. Nouvelle volontaire du projet E2K, elle a été conquise par le concept. Désormais, le 2e étage de sa maison est réservé à la vente d’articles d’occasion destinés aux travailleurs démunis de l’arrondissement.

«Le projet E2K est efficace, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais le marché est loin de chez moi. Voilà pourquoi j’ai décidé de créer un point de vente à mon domicile», explique Mme Huong. Quelques jours seulement après la création de ce point de vente, ses amis ont apporté plein d’articles d’occasion, et l’ont aidée pour le tri et la vente, devenant par là-même des volontaires. Une opération réitérée chaque week-end.

Aujourd’hui, le projet E2K compte des dizaines de volontaires contre quatre à ses débuts. Outre ces deux points de vente à l’Institut des produits pharmaceutiques et à Long Biên, les habits sont également réceptionnés au 124, rue Âu Co (arrondissement de Tây Hô). Et selon Vu Thi Lan, le projet ne compte pas en rester là. «En dehors de nos amis, beaucoup de donneurs collectent désormais des vêtements, se félicite-t-elle. De plus, un groupe de jeunes soutient le projet en vendant des calligraphies».       

«Tout l’argent recueilli sera utilisé pour acheter du riz, du lait et des livres pour la plupart des familles défavorisés vivant dans les zones reculées ou les victimes des catastrophes naturelles du Centre», explique Mme Lan. Et de conclure «Nous prévoyons d’ouvrir un marché similaire dans la province de Hoà Binh, où beaucoup de pauvres ont besoin de notre assistance».

Huong Linh/CVN


 
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